Sélectionner une page
Une petite convocation…

Une petite convocation…

Crédit photo : Anaximandredecarie (licence CC).

 « À la suite des propos que vous avez tenus dans divers médias, je souhaite avoir une explication avec vous. Je vous convoque donc dans mon bureau le [date] à [heure]. Cordialement, Renaud Payre ». C’est un message du directeur que les étudiant·e·s de Sciences Po Lyon peuvent apparemment recevoir si elles et ils répondent à la presse.

 

 

Extrait du règlement intérieur de l’IEP de Lyon, approuvé par le Conseil d’administration le 16 juin 2017, titre IV, article 48 : « La liberté d’information, la liberté d’opinion, la liberté d’expression, et plus généralement, l’ensemble des libertés et droits fondamentaux sont garantis au sein de Sciences Po Lyon ». Oui, mais…

Ces dernières semaines, des bruits ont circulé sur la convocation d’étudiant·e·s par M. Payre par rapport à des propos tenus dans la presse. Après une revue de presse sur les potentiels contenus concernés, il apparaît évident qu’aucun d’entre eux ne contient un délit d’expression. Pas une trace de diffamation, d’injure, de mensonge, ni d’incitation à la haine. Difficile aussi de prétendre qu’ils « [troublent] l’ordre public et [portent] atteinte aux activités d’enseignement, de recherche et d’administration conduites en son sein » (règlement intérieur, article 48). Mais alors, pourquoi diable y aurait-il une convocation ?

Interrogé par mail sur ces rumeurs, le responsable de la communication de l’IEP Olivier Guillemain nous a confirmé l’information, répondant que « la convocation de ces élèves porte sur un sujet plus large ». Le message du directeur ne fait pourtant pas mention dudit « sujet plus large ». Quel est-il ? M. Guillemain, soulignant que « la réunion s’est très bien passée » et que « les échanges étaient très constructifs », nous suggère après la rencontre de demander aux étudiant·e·s en question.

Contacté·e·s par le BDM, ces dernier·e·s confirment ses dires, mais se disent contre la publication d’un article sur le sujet. Nous ne pouvons donc pas fournir plus de détails.

 

Rappels divers :

  • La liberté d’expression des membres de Sciences Po Lyon inclut le droit de critiquer la politique de l’école.
  • Même si aucune sanction formelle n’y fait suite, la convocation d’étudiant·e·s par un·e supérieur·e hiérarchique peut légalement être considérée comme une tentative d’intimidation.
  • « Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions » (Déclaration universelle des droits humains, extrait de l’article 19).

 

Alexis DEMOMENT

Saint-Étienne : inaugurer pour mieux rassembler

Saint-Étienne : inaugurer pour mieux rassembler

 

L’inauguration du nouveau campus de Sciences Po Lyon à Saint-Étienne a officiellement eu lieu ce lundi 4 décembre. Dans la matinée, l’IEP a reçu plusieurs élus locaux dans le bâtiment tout juste rénové du 77 rue Michelet. L’occasion d’affirmer la réussite du démarrage de ce projet.

 

Une ambiance plutôt joviale régnait parmi les officiels en présence lors de la cérémonie d’inauguration. Les visages de Georges Képénékian (maire de Lyon), Gaël Perdriau (maire de Saint-Étienne), Françoise Moulin Civil (rectrice de la région académique Auvergne-Rhône-Alpes), Evence Richard (préfet de la Loire), Yannick Neuder (vice-président délégué à l’enseignement supérieur et à la recherche de la région Auvergne-Rhône-Alpes) et Khaled Bouabdallah (président de l’université de Lyon), parmi d’autres, semblaient marqués par la satisfaction. Malgré leurs différentes étiquettes politiques, tous étaient unanimes pour se féliciter du lancement de ce projet de campus délocalisé de Sciences Po Lyon, qu’ils jugent prometteur.

 

Réunir sur un sujet qui divise

Le protocole était bien filé. D’abord, la visite des locaux a permis de valoriser l’architecture du bâtiment et les rénovations entreprises pour optimiser le cadre d’étude. Est ensuite venu le discours, sous les yeux réjouis de Renaud Payre (directeur de Sciences Po Lyon) et Michèle Cottier (présidente de l’université Jean Monnet de Saint-Étienne), durant lequel plusieurs élus et représentants ont pu faire part de leur enthousiasme devant l’amphithéâtre rempli. La cérémonie s’est terminée par un pot au sixième et dernier étage.

L’administration semblait vouloir réunir sur un sujet qui a parfois divisé. M. Perdriau estimait que « la concurrence n’a absolument pas lieu d’être » entre Lyon et Saint-Étienne. M. Payre a quant à lui rappelé sa conviction « que l’ouverture de nouveaux sites et l’autonomie des établissements ne sont pas contradictoires ». Sarah Peillon, représentante de la métropole de Lyon et diplômée de l’IEP, a comparé cette « étape importante » à l’ouverture du bâtiment rue Appleton, qui avait eu lieu à l’époque où elle-même étudiante au centre Berthelot. Mme Moulin Civil a souligné « l’importance la démocratisation et de l’égalité des chances » dans l’enseignement.

Gaël Perdriau s’exprime au micro (à droite), sous le regard de Renaud Payre (à gauche), Michèle Cottier (au centre) et de Georges Képénékian (au premier plan). Crédit Alexis Demoment

 

Et côté étudiant ?

Côté étudiant, on était venu plutôt nombreux. Une quinzaine d’entre eux était présente dans l’amphithéâtre. Comme celui-ci était complet, une dizaine d’autres a pu suivre la cérémonie depuis une seconde salle, grâce à une retransmission vidéo en direct. Si le pot a été un moment d’échange informel entre étudiants, personnel et invités, quelques 1ères années regrettaient de ne pas être plus au centre de cette cérémonie. « Le seul étudiant qui est intervenu [Alexandre Tiraboshi, vice-président étudiant de l’université Jean Monnet et de l’université de Lyon, ndlr] est en master et parlait plus au nom de l’université Jean Monnet que de Sciences Po Lyon », estime une étudiante de la nouvelle promotion.

La déception était cependant loin d’être totale chez les étudiants, qui ont pu profiter de l’occasion pour témoigner devant les micros et caméras des médias locaux. Autour, l’administration tendait l’oreille attentivement. On craignait qu’ils renvoient une image en décalage avec celle affichée par le personnel et les invités. La réalité quotidienne du campus les a certes rendus plus nuancés que les discours officiels. Mais les Stéphanois ont dans l’ensemble mis en avant l’enthousiasme qu’ils ont à faire partie de cette promotion pionnière. En tout cas, pour ceux qui en doutaient encore, on peut maintenant avoir la certitude que l’administration les a entendus !

 

Alexis DEMOMENT

Elections du CA : Pourquoi je vote pour Alternatives ?

Elections du CA : Pourquoi je vote pour Alternatives ?

Ce jeudi 23 novembre, nous, étudiants de Sciences Po Lyon sommes appelés aux urnes pour élire les syndicats étudiants. Deux listes se font face : Alternatives et la Mobilisation des Étudiants de Gauche (MEG). Après avoir suivi la campagne et analysé les programmes, j’ai choisi de voter pour Alternatives.

Mon vote peut paraitre contestataire, mais il est surtout construit, et non pas le fruit d’une simple détestation pour la gauche. Le terme même de vote contestataire au niveau de ce qu’est cette élection est bien entendu exagéré, nous ne sommes pas ici dans une élection de grande volée ou de grande envergure tant sur la forme que le fond. L’idée y est tout de même.

Non à une politisation de notre école

Pourquoi donc un vote contre la MEG? Je vais commencer par évoquer le simple nom de cette dite liste: Mobilisation des Etudiants de Gauche. J’entends déjà siffler les Insoumis, ou ce qu’il reste des soutiens d’Hamon. S’il y avait une « MED » pour Mobilisation des Etudiants de Droite je comprendrais la logique d’un tel nom, deux visions de la politique différentes dans notre monde qui se font face dans le microcosme qu’est l’IEP, mais ici vous, la MEG, êtes les seuls à proposer une telle politisation de votre liste. L’idée qui passe est donc que soit on est de gauche, soit on n’a pas de personnalité en votant Alternatives.

Même si vous le réfutez plus ou moins naïvement, c’est un mouvement de gauche, donc exit des idées venant d’autres constructions politiques, exit une pensée plus centriste ou plus droitiste, exit, par simple rejet idéologique, de ce qui pourrait être utile à notre école. Je trouve dans ce sens la démarche d’Alternatives beaucoup plus logique : ils n’excluent pas, ils rassemblent. Et c’est bien cette vision de l’IEP que j’ai : non pas un terreau au gauchisme mais au contraire un lieu de débat et d’échange d’idées qui permettent la construction personnelle de l’individu. Je trouve cela idiot de forcer à la politisation de notre école dont je trouve la position neutre très juste.

Sur cette neutralité, je juge qu’Alternatives marque un point : l’IEP ne doit en aucun cas inciter ses étudiants à suivre tel ou tel mouvement, à accepter telle idée comme juste: que ce soit sur les réfugiés ou ce débat sans queue ni tête de l’écriture inclusive. Vous forceriez les étudiants à rester dans un carcan d’idée bien calculées. Quelle place donc pour la liberté, l’égalité que vous revendiquez ? Si l’IEP se prononce contre la sélection en université, quelle place dans notre école pour ceux qui sont pour ?

Vous réfutez l’idée de clivage des étudiants par votre appartenance à la gauche dans votre pseudo-communiqué « De l’impossibilité de l’apolitisme dans l’enseignement supérieur »: mais le résultat n‘y est pas: vous avancez une idéologie de gauche vaseuse et indirectement vous ne pouvez que cliver. Vous brandissez l’écriture inclusive comme une nécessité, car oui la linguistique impacte les êtres humains sur leur système de pensée. Mais apprenez la leçon en commençant par changer de nom, ça vous aidera.

De même, votre chère MEG souhaite « participer et collaborer aux initiatives militantes de l’Université Lyon II »:  par cette formulation floue, en gros, vous souhaiteriez que l’IEP appelle à des mobilisations syndicales s’il y a élection de cette liste? Alors même que l’engagement dans le syndicalisme doit être une volonté personnelle et ne pas venir d’en haut ? N’est-ce pas là de manière subversive chercher à gonfler les rangs d’une gauche étrangère à l’école ?

Votre programme avance des idées peu utiles dans l’instant : en quoi un cours sur les rapports sociaux entre sexe est utile en première année ? Il y a des choses plus urgentes comme revoir simplement l’offre de cours globale avant d’intégrer de nouveaux qui de plus n’ont pas leur place : ce genre de sujet doit être abordé dans chaque cursus et chaque matières, ce doit être une construction précise faite par notre établissement dans le cadre d’une réflexion sur cette problématique.

Une liste qui se penche sur des questions concrètes, et non idéalistes

Vous défendez une certaine vision de l’enseignement supérieur, je ne défends pas la même. Vous restez cloitrés dans des visions que je juge dépassées. Moi je veux rester dans le concret, ce que fait Alternatives. Je trouve ceci hypocrite de défendre une égalité de l’enseignement alors même que vous êtes entré dans une école qui se veut élitiste. Je tiens à la neutralité de l’IEP comme outil à la construction de citoyens libres de penser comme ils le souhaitent, et non pas comme une usine à étudiants abrutis par des idées de gauche souvent trop dépassées.

Le programme d’Alternatives est bien plus juste dans le sens où il est fixé sur les problématiques actuelles et qu’il est beaucoup plus concret au lieu d’être idéel. Ce qu’on l’attend d’une liste comme celle-ci c’est qu’elle fasse mieux fonctionner l’IEP et le nouveau campus de Saint-Etienne: Alternatives aborde les cours, les infrastructures, Saint Etienne, ce que ne fait quasiment pas la MEG qui préfère divaguer vers des choses vagues. La présentation des listes en est une preuve : le débat a malheureusement dégouliné vers des sujets comme l’écriture inclusive ou l’égalité entre les écoles. Nous parlons de faire fonctionner l’IEP, pas de changer le monde et le système.

La MEG n’est pas faite pour une telle élection car trop ancrée sur des principes et pas sur le concret. Je souhaite conserver la neutralité de l’école à tout prix. Qu’on soit de gauche ou de droite, l’IEP est un lieu de partage et de débats propice à la naissance de l’opinion politique. Je n’ai pas de message en particulier à faire passer, je ne me présente pas pour une liste, mais simplement, je pense avoir su expliciter mon choix.

Je ne déconstruis pas ici la gauche. J’adhère à certaines de ses idées au contraire. Je cherche simplement à montrer qu’elle n’a rien à faire au coeur des problématiques actuelles auxquelles l’IEP fait face, et qu’Alternatives y répond beaucoup mieux.

Théo Ruel

Campus de Saint-Étienne : la parole aux pionniers !

Campus de Saint-Étienne : la parole aux pionniers !


[Photo : Sciences Po Lyon, campus de Saint-Étienne. Crédit Alexis Demoment / Bureau Des Médias.]

L’ouverture du campus de Sciences Po Lyon à Saint-Étienne pour les premières années a fait beaucoup parler ces dernières années. Processus de création opaque décrié par les syndicats étudiants, logique de « compétition » parfois décriée, difficultés techniques et administratives… à l’approche des élections syndicales étudiantes, les deux listes siégeant actuellement au conseil d’administration divergent en plusieurs points sur le sujet.

La Mobilisation des Étudiants de Gauche s’était placée fermement contre les motivations du projet, jugées élitistes. Le syndicat critique la logique du programme IDEX, dans le cadre duquel le campus voit le jour, qui vise à développer la compétitivité et le rayonnement à l’internationale. Interrogée à ce propos, la MEG estime « que l’enseignement supérieur se porterait bien mieux sans course effrénée à la distinction scolaire, et sans éloge du prestige scolaire, aussi biaisé que discriminant ». Aujourd’hui, reconnaissant que cette vision est minoritaire au sein du conseil d’administration, ses représentants entendent continuer de « défendre au maximum […] les étudiants de St Etienne ». Comptant parmi ses membres une étudiante du campus de Saint-Étienne l’an passé, le syndicat affirme avoir fait remonter le « sentiment d’être un peu à la marge et oubliés de la direction » de certains étudiants stéphanois.

Alternatives était d’abord restée sur sa réserve, reprochant un manque de transparence de l’administration sur le sujet. Une fois le projet lancé, elle s’est positionnée dans une logique « constructive », bien que déplorant le manque d’informations, pour faire valoir les intérêts des étudiants. Son objectif est maintenant de travailler « avec l’administration […] pour que les étudiant·e·s sur le campus stéphanois jouissent d’un crédit égal à celui des étudiant·e·s lyonnais, mais aussi et surtout qu’ils puissent avoir une réelle vie associative ». Selon la liste, « des efforts sont faits par l’administration pour […] rendre le campus stéphanois attirant (création d’un DE, développement de la vie associative, déblocage de fond pour financer des éventuelles navettes entre les deux campus…) ». Pour elle, il est « hors de question que le campus de Saint-Étienne [devienne] une « antenne » du campus de Lyon ».

Le Bureau Des Médias a donc voulu voir si ces positions correspondent aux réalités des étudiants stéphanois. La rédaction s’est rendue à Saint-Étienne et a tendu son micro aux 1A la sortie d’un amphi. Après un mois sur le campus, les sentiments sont variés :

 

Alexis Demoment

Ouverture de Vox Berthelot – on recrute !

Ouverture de Vox Berthelot – on recrute !

Ça y est, la machine est lancée. D’abord une idée d’association émerge, on fonde les bases, Puis on lui trouve un nom, un visage. L’ouverture du site VoxBerthelot, voila ce qui consacre la naissance du Bureau des Médias.

On parlera d’une naissance, car en vérité, le BDM n’est pas sorti du néant, mais il est fort d’un héritage laissé par les anciennes associations de télé (Sciences Po TV), radio (RSP) et journalisme (Regards d’ailleurs) de Sciences Po Lyon. Chacune d’elles a apporté sa touche au BDM, ses gênes, avec son lot d’histoire, et de projets ambitieux. Plein d’anciens étudiants sont passés avant nous, avec des idées plein la tête. Le BDM s’inscrit dans cet héritage, qu’il veut valoriser. Très prochainement, une série de rétrospectives seront publiés sur le site, afin de vous faire découvrir (ou redécouvrir) les travaux produits par les étudiants des années passées.

Le Bureau des Médias a été créé dans l’idée de faire connaitre l’activité associative et universitaire de l’IEP. Il se veut comme une caisse de résonnance pour des étudiants qui ont des choses à vous dire. Un appel au partage, parce que ce site ne s’adresse pas seulement aux étudiants de l’école, mais à tous les Lyonnais, et même au-delà, pour faire des évènements de Sciences Po Lyon une partie intégrante de la vie lyonnaise.

Toi, l’étudiant de Sciences Po Lyon, nous faisons appel à toi. L’aventure BDM ne fait que commencer. Les premières années sont déterminantes pour la suite, et tu peux déjà avoir un grand rôle à jouer dans l’asso. De grandes possibilités sont offertes au sein du BDM. L’asso dispose déjà de matériel conséquent (vidéo, radio), de même pour les étudiants du campus Saint-Etienne. Que tu ais de l’expérience dans les médias, ou que tu sois juste un néophyte qui souhaite acquérir des compétences, tu es le bienvenu. Et même si tu n’as pas de projet précis en tête, que tu es juste curieux ou intéressé par les médias, le journalisme, l’asso est faite pour toi.

En attendant, je te souhaite bonne visite sur VoxBerthelot, la voix de l’IEP lyonnais.

Miguel Pereira, fondateur du Bureau des Médias