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[Photo : Pancarte pendant la manifestation « Me too » à Lyon. Crédit Stéphanie Vy/ Bureau Des Médias.]

« Nous avons travaillé main dans la main durant dix jours sans interruption pour que cette journée soit à la hauteur de l »ambition du débat que nous ouvrons. Comprendre pourquoi en 2017, notre société est empreinte de tant de sexisme, de violences sexuelles ».

Harcèlement sexuel, harcèlement au travail, harcèlement de rue, discriminations, féminisme(s), sexisme ordinaire, tels ont été les multiples thèmes abordés lors de l’événement Me too à Lyon, place Bellecour, ce dimanche 29 octobre.

Plus de 300 personnes étaient réunies ce jour-là, en majorité des femmes, réunies soit par curiosité, soit par la volonté de « parler », par expérience, par révolte, par envie surtout de changer les mentalités.

« Me too » à Lyon, c’était un événement organisé sur Facebook, lancé par quelques étudiantes il y a deux semaines. Elles ne pensaient pas que l’événement prendrait autant d’ampleur dans la capitale des Gaules. Une quinzaine de bénévoles, de tous milieux et de profils différents, en passant de l’étudiant au psychologue, étaient présents pour guider les nombreux lyonnais et lyonnaises parfois venus exprès pour l’événement. Plusieurs avaient « balancé leur porc » à la suite des révélations sur l’affaire Weinstein.

Une safe zone était prévue pour accueillir les personnes en situation d’urgence avec des professionnelles de l’écoute aux victimes, dans un lieu clos. La « tribune » a vu se succéder diverses intervenantes et associations (dont FilActions, AIVI – association internationale des victimes de l’inceste), pour aborder les diverses situations de harcèlement, ainsi que les meilleures manières d’y répondre, que ce soit juridiquement ou dans la rue.

De la brigade « anti-sexiste » luttant une fois par mois contre les affiches et publicités sexistes de la ville de Lyon en y accolant une étiquette « sexiste », à l’espace « Expression » au sein duquel les participants pouvaient partager leur récit de vie, une anecdote, des cas de harcèlement, ou encore leurs revendications, l’événement Me Too de Lyon ce  dimanche 29 octobre nous a rappelés que le machisme, le harcèlement sous toutes ses formes ainsi que les agressions sexuelles sont vécues chaque jour par des milliers de femmes, et que le combat est loin d’être terminé.

Retour en images et témoignages sur ce bel événement qui promet d’autres actions à venir.

Premier témoignage : Victime d’inceste par son frère aîné durant son enfance puis d’un viol dix ans plus tard, cette jeune femme âgée de trente-six ans incite à la réflexion sur la pédocriminalité et sur la nécessité d’éduquer les enfants pour qu’ils soient capables de réagir face aux agresseurs. Elle aborde le réflexe de protection de l’agresseur notamment dans son cas et le refus pour les membres de sa famille de porter plainte.

Second témoignage : Victime également de viol à l’âge de vingt ans, cette quinquagénaire insiste sur la nécessité de mettre en place un suivi psychologique gratuit à destination des victimes de viol.

 

 

Stéphanie Vy