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Elections du CA : Pourquoi je vote pour Alternatives ?

Elections du CA : Pourquoi je vote pour Alternatives ?

Ce jeudi 23 novembre, nous, étudiants de Sciences Po Lyon sommes appelés aux urnes pour élire les syndicats étudiants. Deux listes se font face : Alternatives et la Mobilisation des Étudiants de Gauche (MEG). Après avoir suivi la campagne et analysé les programmes, j’ai choisi de voter pour Alternatives.

Mon vote peut paraitre contestataire, mais il est surtout construit, et non pas le fruit d’une simple détestation pour la gauche. Le terme même de vote contestataire au niveau de ce qu’est cette élection est bien entendu exagéré, nous ne sommes pas ici dans une élection de grande volée ou de grande envergure tant sur la forme que le fond. L’idée y est tout de même.

Non à une politisation de notre école

Pourquoi donc un vote contre la MEG? Je vais commencer par évoquer le simple nom de cette dite liste: Mobilisation des Etudiants de Gauche. J’entends déjà siffler les Insoumis, ou ce qu’il reste des soutiens d’Hamon. S’il y avait une « MED » pour Mobilisation des Etudiants de Droite je comprendrais la logique d’un tel nom, deux visions de la politique différentes dans notre monde qui se font face dans le microcosme qu’est l’IEP, mais ici vous, la MEG, êtes les seuls à proposer une telle politisation de votre liste. L’idée qui passe est donc que soit on est de gauche, soit on n’a pas de personnalité en votant Alternatives.

Même si vous le réfutez plus ou moins naïvement, c’est un mouvement de gauche, donc exit des idées venant d’autres constructions politiques, exit une pensée plus centriste ou plus droitiste, exit, par simple rejet idéologique, de ce qui pourrait être utile à notre école. Je trouve dans ce sens la démarche d’Alternatives beaucoup plus logique : ils n’excluent pas, ils rassemblent. Et c’est bien cette vision de l’IEP que j’ai : non pas un terreau au gauchisme mais au contraire un lieu de débat et d’échange d’idées qui permettent la construction personnelle de l’individu. Je trouve cela idiot de forcer à la politisation de notre école dont je trouve la position neutre très juste.

Sur cette neutralité, je juge qu’Alternatives marque un point : l’IEP ne doit en aucun cas inciter ses étudiants à suivre tel ou tel mouvement, à accepter telle idée comme juste: que ce soit sur les réfugiés ou ce débat sans queue ni tête de l’écriture inclusive. Vous forceriez les étudiants à rester dans un carcan d’idée bien calculées. Quelle place donc pour la liberté, l’égalité que vous revendiquez ? Si l’IEP se prononce contre la sélection en université, quelle place dans notre école pour ceux qui sont pour ?

Vous réfutez l’idée de clivage des étudiants par votre appartenance à la gauche dans votre pseudo-communiqué « De l’impossibilité de l’apolitisme dans l’enseignement supérieur »: mais le résultat n‘y est pas: vous avancez une idéologie de gauche vaseuse et indirectement vous ne pouvez que cliver. Vous brandissez l’écriture inclusive comme une nécessité, car oui la linguistique impacte les êtres humains sur leur système de pensée. Mais apprenez la leçon en commençant par changer de nom, ça vous aidera.

De même, votre chère MEG souhaite « participer et collaborer aux initiatives militantes de l’Université Lyon II »:  par cette formulation floue, en gros, vous souhaiteriez que l’IEP appelle à des mobilisations syndicales s’il y a élection de cette liste? Alors même que l’engagement dans le syndicalisme doit être une volonté personnelle et ne pas venir d’en haut ? N’est-ce pas là de manière subversive chercher à gonfler les rangs d’une gauche étrangère à l’école ?

Votre programme avance des idées peu utiles dans l’instant : en quoi un cours sur les rapports sociaux entre sexe est utile en première année ? Il y a des choses plus urgentes comme revoir simplement l’offre de cours globale avant d’intégrer de nouveaux qui de plus n’ont pas leur place : ce genre de sujet doit être abordé dans chaque cursus et chaque matières, ce doit être une construction précise faite par notre établissement dans le cadre d’une réflexion sur cette problématique.

Une liste qui se penche sur des questions concrètes, et non idéalistes

Vous défendez une certaine vision de l’enseignement supérieur, je ne défends pas la même. Vous restez cloitrés dans des visions que je juge dépassées. Moi je veux rester dans le concret, ce que fait Alternatives. Je trouve ceci hypocrite de défendre une égalité de l’enseignement alors même que vous êtes entré dans une école qui se veut élitiste. Je tiens à la neutralité de l’IEP comme outil à la construction de citoyens libres de penser comme ils le souhaitent, et non pas comme une usine à étudiants abrutis par des idées de gauche souvent trop dépassées.

Le programme d’Alternatives est bien plus juste dans le sens où il est fixé sur les problématiques actuelles et qu’il est beaucoup plus concret au lieu d’être idéel. Ce qu’on l’attend d’une liste comme celle-ci c’est qu’elle fasse mieux fonctionner l’IEP et le nouveau campus de Saint-Etienne: Alternatives aborde les cours, les infrastructures, Saint Etienne, ce que ne fait quasiment pas la MEG qui préfère divaguer vers des choses vagues. La présentation des listes en est une preuve : le débat a malheureusement dégouliné vers des sujets comme l’écriture inclusive ou l’égalité entre les écoles. Nous parlons de faire fonctionner l’IEP, pas de changer le monde et le système.

La MEG n’est pas faite pour une telle élection car trop ancrée sur des principes et pas sur le concret. Je souhaite conserver la neutralité de l’école à tout prix. Qu’on soit de gauche ou de droite, l’IEP est un lieu de partage et de débats propice à la naissance de l’opinion politique. Je n’ai pas de message en particulier à faire passer, je ne me présente pas pour une liste, mais simplement, je pense avoir su expliciter mon choix.

Je ne déconstruis pas ici la gauche. J’adhère à certaines de ses idées au contraire. Je cherche simplement à montrer qu’elle n’a rien à faire au coeur des problématiques actuelles auxquelles l’IEP fait face, et qu’Alternatives y répond beaucoup mieux.

Théo Ruel

Elections du CA : Pourquoi je vote pour la MEG

Elections du CA : Pourquoi je vote pour la MEG

Ce jeudi 23 novembre, nous, étudiants de Sciences Po Lyon sommes appelés aux urnes pour élire les syndicats étudiants. Deux listes se font face : Alternatives et la Mobilisation des Étudiants de Gauche (MEG). Après avoir suivi la campagne et analysé les programmes, j’ai choisi de voter pour la MEG.

Avant toute chose, il faut sortir de cette guéguerre absolument ridicule de l’étiquette. Un éternel et pathétique dialogue de sourds : d’un côté Alternatives brandit son « apartisanisme », comme si la MEG était affiliée à un parti ; de l’autre, la MEG critique l’« apolitisme », terme erroné, du moins pas utilisé par Alternatives.

Il ne me semble pas non plus judicieux de se baser uniquement sur les propositions de chaque liste pour voter. Au risque de surprendre, je dirais même que celles-ci sont totalement secondaires. Rappelons-le, seules 9 des 30 places du conseil d’administration sont allouées aux étudiants. Les décisions sont prises à la majorité absolue. Une liste syndicale seule, même ayant remporté les 9 sièges, se retrouvera donc obligée de composer avec les autres membres de l’administration.

L’important n’est pas la force de proposition, mais la capacité à réagir

Ce n’est donc pas tant dans la force de proposition des candidats qu’il faut voir un atout, mais plutôt dans son aptitude à influencer le CA. Les propositions de chacune ne s’opposent pas. Je ne pense pas qu’Alternatives soit contre la « lutte contre toutes formes de discriminations » inscrite dans le programme de la MEG. Je ne crois pas non plus que la MEG soit réticente à la suggestion d’Alternatives d’installer « de nouveaux stationnements vélo autour de Sciences Po Lyon ».

Puisque minoritaires au CA, et n’ayant donc pas toutes les clés en main pour la prise de décision, la faculté de nos élus à agir est illusoire : il faut voter sur leur capacité à réagir. Ce que j’attends d’eux, c’est qu’ils négocient, fassent pression, critiquent. J’ose espérer qu’une fois élus, les candidats des deux listes sauront reconnaitre de bonnes idées chez le rival et les défendre conjointement. Ils sont pleins de bonnes intentions, et à mon avis sincères lorsqu’ils s’engagent à « défendre les intérêts des étudiants ». Mais de quels « étudiants » parle-t-on au juste ?

Les « étudiants » ne sont pas une simple entité !

Sur beaucoup de sujets où les intérêts étudiants ont été le cadet des soucis du CA, Alternatives s’est positionnée dans une « logique constructive de dialogue avec l’administration ». C’est pour cela qu’elle n’aura jamais mon vote. Comment peut-on parler de « logique constructive » alors qu’il existe un rapport de force ? Une construction implique un équilibre, qui aujourd’hui n’existe pas à l’IEP.

La MEG incarne les valeurs de la gauche. Une gauche plurielle, égalitaire et surtout qui s’assume. Quitte à souvent se retrouver seule contre tous au CA, elle a conservé son intégrité. Lorsqu’il faudra réagir à de futurs projets de l’administration inconnus à ce jour – comme cela avait été le cas lorsque le projet de campus à Saint-Étienne avait été annoncé –, nous savons clairement les principes qu’elle suivra. En refusant d’énoncer ses valeurs explicitement, Alternatives s’accapare les « intérêts des étudiants » et les réduit violemment à une cause unique et monodirectionnelle. Il y a dans notre école autant d’intérêts que d’étudiants ; certains sont parfois incompatibles. Pour trancher, je compte sur la MEG, qui prend le parti qui me semble le plus juste : celui du plus faible, celui de l’équité.

Alexis DEMOMENT