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Rétrospective : European Lab (Arty Farty), Sciences Po Lyon et RSP forment RadioLab2015

Rétrospective : European Lab (Arty Farty), Sciences Po Lyon et RSP forment RadioLab2015

Du 13 au 15 mai 2015, a eu lieu la 5ème édition de European Lab, le forum dédié aux politiques culturelles et urbaines qui a lieu en marge des Nuits Sonores. RSP (Radio Sciences Po), avec Sciences Po Lyon, était partenaire et proposait RadioLab. Le concept ? Un plateau radio, 14 étudiants de l’IEP, des pros du secteur culturel et numérique, un contenu podcasté et éditorialisé en temps réel ! Préparé sur plus de 8 mois, offrant un aller-retour innovant entre la riche communauté universitaire de Sciences Po Lyon et l’intégration territoriale et européenne du projet European Lab, le projet Radio Lab a été un prototype réussi de la pédagogie étudiante de demain. Permettant aux étudiants de rencontrer des professionnels du secteur et de se confronter à la pratique journalistique, tout en gardant une exigence quant à la mobilisation de leurs savoirs en sciences sociales, Radio Lab s’inscrit dans une démarche d’interconnexion croissante entre les écoles et leurs territoires. Le partenariat ne s’est malheureusement pas installé dans la durée, car nécessitant non seulement une ambition commune mais également des éléments moteurs des deux côtés institutionnels. Notre recommandation est celle de l’incorporation de partenariats de ce type directement dans le syllabus des formations à portée professionnalisante (programmes de Master). Redécouvrez les contenus produits durant les 3 jours de forum ci-dessous. Les hyper-liens mènent vers une présentation détaillée du sujet par l’étudiant en charge :

Mercredi 13/05 :

Lucile Arnould : Apprendre le code ou briser les codes ? Animation d’un débat avec OLIVIER TOMAT (Imaginove – FR), MATHILDE AGLIETTA (Simplon.co – FR), HELEN TEELING (The Whisky Bond & TAKTAL – UK), DAMJAN KOKALEVSKI (City Creative Network & Skhopje Creative Hub – MK).

Philippine Orefice : Immigration – Quand l’Europe ne peut plus fermer les yeux sur une réalité en voie de la dépasser. Animation d’un débat avec CORINA SUTEU (FilmETC – RO). En collaboration avec WeReport et le Journal international.

Corentin Fabregue : Y’a plus de jeunesse ! Réalisation d’un sujet. Plateau avec LUDIVINE BANTIGNY (Historienne – FR), EMELINE JERSOL (Le Boulon – FR) et MYKHAILO GLUBOKYI (IZOLYATZIYA – UA).

Anne FrançoiseL’économie de la culture et ses enjeux contemporains: exemple du financement et de l’entrepreneuriat culturel. Réalisation d’un sujet. Plateau avec Steven Hearn, Thérèse Lemarchand et Sébastien Paule.

Julie Freudenreich : Quel management pour la création ? Réalisation d’un sujet. Plateau avec THOMAS PARIS (Auteur – FR) et LUCA BERGAMO (Culture Action Europe – BE-IT).

Jeudi 14/05 :

Pauline Gauthier : Le culte de l’amateur. Réalisation d’un sujet. Plateau avec ANAÏS LORA (Creative Roots – DK) et DAVID WIBBELER (Frappant – DE).

Cynthia Torosjan : Des bits de la toile au musée. Réalisation d’un sujet. Plateau avec MARIE DU CHASTEL (Kikk Festival) et MIRAGE FESTIVAL CREW.

Jean Antoine Zagato : L’économie collaborative: révolution du partage ou marketing de crise ? Réalisation d’un sujet.

Jean Antoine Zagato : Les élites débordées par le numérique. Animation d’un débat avec TARIQ KRIM (Jolicloud – FR) et ERWAN KEZZAR (Simplon – FR).

Charlotte Suhit : Quel kit de survie pour protéger sa vie en ligne ? Réalisation d’un sujet. Plateau avec Invités :
JOANNE MCNEIL (Auteur – US). Diffusion d’une interview de MARTIN UNTERSINGER (LeMonde – FR) réalisée à Paris.

Bastien Perroy : Devenir open source – Richard Stallman l’interview. Réalisation d’une interview de RICHARD STALLMAN (Free Software Foundation – US).

Vendredi 15/05 :

Guillaume Dürr : Interview – Poor but sexy with Agata Pyzik. Réalisation d’une interview de AGATA PYZIK (Auteur – PL).

Arthur Carbonnaux : La curation par algorythme est-elle le nouveau selector ? Animation d’un débat avec JULIA BONACORSI (Université Lyon II – Elico – FR), FREDERIKE KALTHEUNER (Centre Internet & Human Rights – DE).

Maud Couillault : Soundwalk Collective en interview. Réalisation d’une interview de STEPHAN CRASNEANSCKI
(Soundwalk Collective – FR).

Anne Gisclon : 2007-2015 – Etat des lieux de la démocratie 2.0. Animation d’une table ronde avec JELENA NESIC (Resonate & Democratic Transition Initiative – RS).

Julie Freudenreich : Interview de Agata Kolacz. Réalisation d’une interview de  AGATA KOLACZ (Head of Foreign Affairs | NInA | Pologne).

Le réseau universitaire de Sciences Po a notamment été mobilisé pour accompagner les étudiants dans leur démarche au sein du Lab et proposer un regard extérieur sur les thématiques développées sur place. Plusieurs entretiens ont été réalisé et sont disponible sur RSP :

La communication politique/publique et le Web – Françoise Paquienséguy :
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Internet est-il un ressort de vitalité pour la démocratie participative? Après un rapide point sur la situation du « web politique » depuis 2004 et l’influence des campagnes présidentielles de Barack Obama, candidat 2.0 par excellence, Mme Paquienséguy a répondu à cette question soulevant plus d’une controverse. Pourquoi un tel engouement pour Internet ? Les médias de communication pèsent-il sur l’opinion publique ? Le web peut-il soutenir la mobilisation politique, ou faut-il craindre le contraire ? Retrouvez toutes les réponses à ces questions dans un interview passionnant, guidé par l’accent chantant du sud.

Mobilités partagées – Maxime Huré :
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Du vélopartage au covoiturage, les dispositifs relevant de l’économie collaborative en matière de transport se développent de manière exponentielle ces dernières années et poussent les acteurs historiques du secteur à revoir leurs stratégies.
Avec Maxime Huré, nous revenons sur l’historique de ces dispositifs et essayons de vous apporter des clefs d’analyse sur l’essor de ces dispositifs. Sont-ils seulement une réponse à la crise ou marquent-ils un changement plus profond et durable en matière de transport ? Du futur de la voiture individuelle au profil des usagers , vous saurez tout (ou presque) sur les dispositifs alternatifs en matière de mobilité.
Vous pourrez retrouver une partie de cet entretien durant la première journée de Radio Lab entre 12h20 et 12h40, dans le cadre de l’émission « L’économie collaborative: Révolution du partage ou marketing de crise? »

La politique d’immigration européenne – Anouk Flamant :
anoukflamant

Près de 3000 morts déclarés depuis janvier dernier, et une question qui reste en suspens : comment contrer les drames qui se sont multipliés ces dernières semaines en pleine Méditerranée ?
Aujourd’hui la question de l’immigration est au cœur du débat européen. Pour nous éclairer sur le sujet nous avons accueilli Anouk Flamant. Enseignante à l’Institut d’études politiques de Lyon, Anouk Flamant a travaillé sur la question du vote, de l’intégration des étrangers et des migrations. Elle a notamment soutenu une thèse en décembre dernier sur les politiques municipales d’intégration des étrangers depuis 1981 dans les villes de Lyon, Nantes et Strasbourg. Phénomène complexe et ancien, l’immigration illégale est difficile à appréhender. Après avoir vu les politiques mises en œuvre au sein de l’Union européenne à ce propos, nous avons essayé de comprendre pourquoi une telle réticence du vieux continent à ce sujet, dont témoigne notamment la montée de partis d’extrême droite dans de nombreux pays européens.

Réalisations complémentaires :

Espace Euro-méditérannée – Interview Sylvie Guillaume (député européenne) :

sylvieguillaume

Nous sommes également allés interviewer Sylvie Guillaume, député européenne, sur le sujet de l’espace euro-méditérranée. Comment connecter les jeunesses ? Quel rôle pour le numérique ? Quelle mobilité pour les acteurs et les cultures ? Autant de questions qui sont désormais dans les mains de l’Europe et plus uniquement des états nations. A l’heure où les naufrages en méditérannée se multiplie, la question d’une émulation d’une véritable région « euro-méditerranée » est désormais incontournable. On en discute avec la député européenne, sans langue de bois, dans un exercice de perspective intéressant.


La protection de la vie privée en ligne – Interview Martin Untersinger (journaliste au monde) :

martin untersingerCharlotte est allé rencontrer Martin Untersinger dans le cadre de son sujet « kit de protection de la vie privée en ligne » pour RadioLab ! Journaliste au pôle Pixels, Martin est chargé des impacts du numérique dans la société : surveillance, vie privée, politiques publiques du numérique, « cyber » guerre, « cyber » sécurité… Il nous parle de la loi sur le renseignement actuellement débattu à l’assemblée nationale et notamment de ses nombreux mécanismes comme les boîtes noires chez nos FAI.


Le communiqué de presse de fin de lab (photos d’étudiants).
Deux sujets portés par des étudiants évoqués par Simplon.

Un merci spécial à Martijn Pineau pour son suivi attentif du projet et la bannière du partenariat.
Un merci spécial à Yanis Sicre pour la réalisation du magnifique logo du partenariat.
Un merci renouvelé à Charles Dufresne de la part de tout les étudiants.
Enfin un grand merci à Arty Farty et à la direction de Sciences Po Lyon, particulièrement Monsieur Renaud Payre, ainsi que ses universitaires pour nous avoir fait confiance dans la mise en place de ce beau projet.

Etudiants ayant pris part au projet : Lucile Arnould, Philippine Orefice, Corentin Fabregue, Anne Françoise Clair, Julie Freudenreich, Pauline Gauthier, Cynthia Torosjan, Jean Antoine Zagato, Charlotte Suhit, Guillaume Dürr, Arthur Carbonnaux, Maud Couillault, Anne Gisclon et Bastien Perroy.

Les élites débordées par le numérique #EUROLAB2015

Les élites débordées par le numérique #EUROLAB2015

« tombées du mauvais coté de la fracture numérique »

11201919_426270647551363_5353384611992955300_nFin 2013, le Monde publiait un article intitulé « Les Élites débordées par le numérique » écrit par Laure Belot. Cet article allait mettre le feu aux poudres numériques et faire couler beaucoup d’octets par la suite. Laure Belot a d’ailleurs prolongé sa réflexion dans un livre paru il y a quelques mois, intitulé « La déconnexion des élites« . Dans son article, Laure Belot décrivait donc les élites françaises comme étant, je cite Vincent Glad, « tombées du mauvais coté de la fracture numérique », surprises par un mouvement d’innovation qu’elles n’avaient pas su prévoir. Les élites et les hommes politiques ne comprendraient pas ou ne souhaiteraient donc pas voir les changements sociaux induits par la montée en puissance de l’économie numérique.

Si les exemples de ce décalage sont nombreux (un magistrat qui ne connait pas google, un ministre qui croit avoir rencontré les dirigeants d’internet), beaucoup d’observateurs ont cependant très vite critiqué l’article et remis en cause le propos de l’auteure. En quelques mots, on peut regrouper ces critiques en deux parties: d’une part on a reproché à Laure Belot son optimisme béat envers les nouvelles technologies, digne d’un néophyte qui enchaîne les lieux communs. D’autre part certains ont vu dans son article une sorte de programme implicite de reconquête du numérique de la part de ces élites traditionnelles.

Outil d’Empowerement

European-Lab-vendredi-81Pour débattre de ce thème, nous avons reçu Erwan Kezzar qui est cofondateur de simplon.co, une école qui permet notamment à des jeunes qui ont décroché du système scolaire de suivre une formation accélérée de six mois au code informatique) et Tariq Krim fondateur de Netvibes et JoliCloud qui a remis un rapport consacré à l’état de la filière numérique en France à Fleur Pellerin lorsqu’elle était ministre de l’économie numérique.

Très vite, nos invités ont souligné à quel point le numérique pouvait être un outil d’empowerment pour ceux qui s’en saisissent. Ils ont souligné la nécessité d’avoir une formation technique – même de quelques jours – aux principes élémentaires du code informatique et au fonctionnement d’un site internet car les connaissances techniques permettent d’appréhender les enjeux sociaux de l’économie numérique, ils ont donc tous les deux plaidé pour une véritable formation universelle aux humains numériques.

De la culture numérique vers une nouvelle façon de concevoir l’entrepreneuriat

P1050591En effet, pour Tariq Krim, les développements récents dans le domaine de l’intelligence artificielle menacent davantage les emplois de cols blancs que les emplois de cols bleus, il est en effet simple d’effectuer des tâches complexes routinières avec des algorithmes. Ce constat renforce donc la nécessité d’une formation aux enjeux d’internet pour les élites. Tariq Krim a notamment repris une analogie du « second half of the chessboard » qui avait été proposée par R. Kurzweil.

Pour Erwan Kezzar, le numérique peut ainsi être un véritable enjeu de cohésion socio-économique. Tous deux ont aussi insisté sur la pertinence de l’approche bottom up en matière d’entrepreneuriat en France. Pour Tariq Krim la France n’a pas un problème de talents: ils sont là, il faut faire en sorte que la France retienne ses jeunes entrepreneurs. Pour cela, les élites économiques et politiques doivent rompre avec une politique inefficace basée sur des champions nationaux qui sont aujourd’hui dépassés. Le management des grandes entreprises doit aussi être repensé dans le sens d’un organisation plus horizontale afin de favoriser les initiatives individuelles. Enfin, Tariq Krim a insisté sur la nécessité pour le continent européen de redevenir un espace de production industrielle tourné autour de l’internet des objets.

Jean Antoine

Par Jean-Antoine

Les modes de financement alternatifs dans la culture: aubaine durable ou effet de mode ? #EUROLAB2015

Les modes de financement alternatifs dans la culture: aubaine durable ou effet de mode ? #EUROLAB2015

11230671_424537994391295_861433176421759173_nAborder le thème des modes de financement alternatifs dans la culture en 2015 amène à se demander dans quelle mesure le crowdfunding constituerait les prémisses d’un nouveau modèle économique. Dans un contexte de rigueur budgétaire assumé, l’Etat et ses financements en direction de la culture diminuent un peu plus. Le régime français du mécénat d’entreprises est aussi peu incitatif et n’a pas vocation à jouer un rôle fort dans le financement de la culture pour le moment. Dans ce contexte, il s’agira de revenir sur le phénomène du crowdfunding : formes, tendances et enjeux.

European-Lab-vendredi-50Mode de financement permettant une mise en contact plus directe entre les porteurs de projets et les internautes, le crowdfunding enthousiasme la toile et les médias. On pointe souvent ses avantages : effet désinhibant sur le création artistique, source d’innovation et de démocratisation culturelle, développement rendu possible de projets de moyenne envergure. Mais ce nouveau mode de financement constitue t-il la panacée pour un secteur culturel plus que jamais en manque de ressources ? Est-il si simple à mettre en oeuvre ? N’y a t-il pas d’effets pervers liés à son développement ? On pourra donc s’interroger sur les ingrédients nécessaires à la mise en place d’un bon programme de crowdfunding.

Aujourd’hui plus que jamais, il semble que les acteurs de la culture s’efforcent d’une part de repenser les stratégies de communication sensées porter le phénomène. Ils sont aussi dans l’attente d’une législation qui permettrait à l’outil de s’étendre. Par la prise d’ampleur qu’on lui promet, la crowdfunding en laisse d’autres perplexes : n’est-t il pas un moyen d’encourager le retrait de l’Etat ? Certains pointent aussi le risque d’émergence d’un « nouveau conformisme » à l’égard des biens culturels qui serraient formatés pour les internautes-financeurs. Le crowdfunding est-il vraiment une promesse de démocratisation culturelle ? Sa définition qui oscille entre nouveau mode d’investissement et incubateur pour la création artistique incite à se poser la question. Mis sous les projecteurs par Obama, la ville d’Amsterdam ou plusieurs institutions culturelles, la visibilité du crowdfunding est avant tout celle de ses plateformes. Ce nouveau mode de financement ne servirait-il pas également d’argument marketing à ceux qui s’en font les chantres ?

Anne-Françoise Clair

Par Anne-Françoise Clair

L’économie collaborative: révolution du partage ou marketing de crise ? #EUROLAB2015

L’économie collaborative: révolution du partage ou marketing de crise ? #EUROLAB2015

« La vraie innovation d’AirBnB n’est pas la location en ligne. C’est la confiance. »

Three times U.S. Pulitzer Prize winner journalist of the New York Times Thomas Friedman delivers his speech during the workshop titled "Is the World Flat?" presented by the CEU Center for Media and Communication Studies and Open Century Project in the Central European University in Budapest, Hungary, Saturday May 6, 2006. (AP Photo/MTI,Zsolt Szigetvary)

Cette phrase n’a pas été prononcée par un militant convivialiste mais par Thomas Friedman, un éditorialiste du New York Times, célèbre pour son soutien intarissable en faveur de la mondialisation financière. C’est le paradoxe de l’économie du partage: on se trouve face à un modèle économique qui se voudrait post capitaliste et qui serait fondé sur des relations horizontales qui est en fait promu par des entreprises motivées par le profit uniquement.

Voilà la problématique que nous souhaitions explorer à l’origine dans le cadre de cette chronique: si on peut retracer les origines des dispositifs relevant de l’économie collaborative à des pratiques communautaires qui ont émergé depuis les années 60, le succès de ces dispositifs est relativement récent et a éclaté après la Crise de 2008, sous l’influence particulièrement de la croissance de startups issues du secteur de l’économie numérique. Ainsi, l’économie du partage semble osciller entre un mouvement profond qui tend vers une démocratisation du partage et un effet de mode qui poussent des industries historiques à trouver des réponses aux nouvelles habitudes de consommation provoquées par la récession dans une forme de « common washing ».

Nouveaux acteurs dans l’économie du partage des mobilités

Ces dernières années sont en effet apparues de plus en plus d’entreprises qui permettent de partager l’usage d’un objet plutôt que le posséder ou de relier des usagers entre eux. Dans le domaine des transports, ce phénomène est particulièrement important avec le développement exponentiel de startups comme ZipCar aux Etats Unis ou le français BlaBlaCar sans parler des acteurs aujourd’hui historiques du libre-service, JCDecaux avec les Velov ou Bolloré avec les Bluely pour parler de l’exemple Lyonnais.

maximehureNous avons pour cela rencontré Maxime Huré, Enseignant Chercheur à Sciences Po Lyon qui a consacré sa thèse de sciences politiques aux politiques du vélo en ville et qui est donc un spécialiste des mobilités partagées. Maxime Huré nous a rappelé l’histoire ancienne de ces dispositifs de mobilité partagée qui ont émergé à l’origine grâce à des initiatives privées. Il est revenu sur le profil des usagers de ces dispositifs de libre échange avant de s’interroger sur la durée dans le temps de ces dispositifs qui sont en fin de compte des vitrines pour les villes et les industries. Nous avons choisi de consacrer la première partie de notre émission aux dispositifs relevant de l’économie du partage dans le secteur du logement.

Pour répondre à nos questions, nous avons reçu sur le plateau de Radio Lab, Calixte de Procé qui est rédacteur-analyste chez Newstank et qui se spécialise dans les questions d’économie numérique. Il nous a d’abord rappelé l’histoire du couchsurfing, un site internet et un mouvement qui a été fondé avant tout dans une logique de partage et d’échanges culturels. Il a insisté sur la coexistence qui devait être durable entre d’une part le couchsurfing, une communauté basée sur la confiance et d’autre part AirBnb, un système qui à grands coups d’algorithmes tend à professionnaliser un dispositif ancien, les gites.

Jean Antoine

Par Jean-Antoine

 

Tech President – Kit de survie de vos données personnelles sur Internet #EUROLAB2015

Tech President – Kit de survie de vos données personnelles sur Internet #EUROLAB2015

Encore plus de détenteurs de vos données personnelles

CE-CdWeWYAAEVP6Le #PJLrenseignement a été présenté, par Manuel Valls, au Conseil des Ministres du 19 mars 2015. Il a été adopté en première lecture par l’Assemblée Nationale le jeudi 16 avril 2015, par la trentaine de députés alors présents dans l’hémicycle. Le texte prévoit notamment la greffe de « boîtes noires » sur les infrastructures des compagnies de télécommunication : « un dispositif destiné à révéler, sur la seule base de traitements automatisés d’éléments anonymes, une menace terroriste » (Art. L. 851-4.). Autrement dit, tout internaute français verra ses données de connexion enregistrées et analysées, afin qu’un algorithme puisse déterminer si son comportement est suspect. Entre liberté et sécurité, il faut donc choisir.

Trancher est d’autant plus délicat que l’État n’est pas le seul à en avoir après nos données personnelles. Des réseaux sociaux aux sites de e-commerce, en passant par les services de messagerie, tous les acteurs de web collectent des petits bouts de notre vie en ligne. A priori, cela semble anodin. La situation commence à devenir un peu plus inquiétante quand on sait que toutes ces informations sont stockées sur des serveurs, analysées, puis revendues au plus offrant ; nous avons peu, voire pas de contrôle sur ce qu’elles deviendront par la suite. Alors, à l’heure d’internet et de sa mémoire sans faille, comment résister au phénomène de surveillance généralisée ?

Refuser que notre identité réelle soit déterminée par l’agrégation de nos traces sur Internet

martin untersingerEn la matière, l’ouvrage de référence est probablement Anonymat sur Internet de #MartinUntersinger. Ce jeune journaliste – spécialisé dans les questions liées à Internet – explique parfaitement pourquoi la vie privée numérique est une nécessité. « La vie privée, c’est le contrôle sur l’information que l’on choisit de mettre en ligne » (p. 34) : revendiquer notre droit à la vie privée, c’est refuser que notre identité réelle soit déterminée par l’agrégation de nos traces sur Internet. C’est précisément ce qui est en jeu lorsque des entreprises et/ou l’État collectent nos données. Les premières dressent notre profil à des fins commerciales, le second nous observe avec un objectif sécuritaire. Dans les deux cas, non seulement nos informations personnelles nous échappent, mais elles sont utilisées pour nous catégoriser.

Dans un article d’Andréa Fradin paru le 28 mars sur Rue89, #Antoinette Rouvroy montre comment se savoir surveillé nous pousse insidieusement à nous autocensurer : « les individus, à partir du moment où ils savent qu’ils sont classifiés, même s’ils ne savent pas quels sont les critères de classification, vont adapter leur comportement à ce qu’ils pensent qu’on attend d’eux ». Au revoir, donc, à toute curiosité qui pourrait sembler malsaine ; plus question de demander à son moteur de recherche des informations sur l’organisation de l’État islamique ou sur la fabrication de bombes artisanales, au risque de se faire épingler pour comportement amoral. C’est là tout le problème : la démocratie punit l’illégalité, pas l’immoralité.

Se protéger, #Kitdesurvie #UnfollowMe

11096718_424537734391321_7601752374963861782_nLe bilan semble plutôt sombre pour celles et ceux qui croient à un Internet libre et anonyme. Mais il est encore possible de protéger sa vie privée numérique. Dans son livre, avec une grande pédagogie, Martin Untersinger offre un véritable #Kitdesurvie pour sécuriser son activité en ligne. Des solutions les plus simples aux plus techniques, il couvre l’essentiel de nos pratiques connectées : sites web, envoi d’e-mails, téléphones intelligents et tablettes, achats, mots de passe, etc.

De son côté, Amnesty International en appelle à une mobilisation sur le plan politique. Avec le mot d’ordre « #UnfollowMe », l’organisation exhorte les citoyens du monde entier à s’insurger contre la surveillance de masse non ciblée. Au final, c’est peut-être par là qu’il faut commencer : avant de chercher à sauver ce qui peut l’être de nos données, ne devrait-on par faire valoir nos droits électroniques auprès des nos dirigeants ?

charlotte

Par Charlotte Tuhis