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Saint-Étienne : inaugurer pour mieux rassembler

Saint-Étienne : inaugurer pour mieux rassembler

 

L’inauguration du nouveau campus de Sciences Po Lyon à Saint-Étienne a officiellement eu lieu ce lundi 4 décembre. Dans la matinée, l’IEP a reçu plusieurs élus locaux dans le bâtiment tout juste rénové du 77 rue Michelet. L’occasion d’affirmer la réussite du démarrage de ce projet.

 

Une ambiance plutôt joviale régnait parmi les officiels en présence lors de la cérémonie d’inauguration. Les visages de Georges Képénékian (maire de Lyon), Gaël Perdriau (maire de Saint-Étienne), Françoise Moulin Civil (rectrice de la région académique Auvergne-Rhône-Alpes), Evence Richard (préfet de la Loire), Yannick Neuder (vice-président délégué à l’enseignement supérieur et à la recherche de la région Auvergne-Rhône-Alpes) et Khaled Bouabdallah (président de l’université de Lyon), parmi d’autres, semblaient marqués par la satisfaction. Malgré leurs différentes étiquettes politiques, tous étaient unanimes pour se féliciter du lancement de ce projet de campus délocalisé de Sciences Po Lyon, qu’ils jugent prometteur.

 

Réunir sur un sujet qui divise

Le protocole était bien filé. D’abord, la visite des locaux a permis de valoriser l’architecture du bâtiment et les rénovations entreprises pour optimiser le cadre d’étude. Est ensuite venu le discours, sous les yeux réjouis de Renaud Payre (directeur de Sciences Po Lyon) et Michèle Cottier (présidente de l’université Jean Monnet de Saint-Étienne), durant lequel plusieurs élus et représentants ont pu faire part de leur enthousiasme devant l’amphithéâtre rempli. La cérémonie s’est terminée par un pot au sixième et dernier étage.

L’administration semblait vouloir réunir sur un sujet qui a parfois divisé. M. Perdriau estimait que « la concurrence n’a absolument pas lieu d’être » entre Lyon et Saint-Étienne. M. Payre a quant à lui rappelé sa conviction « que l’ouverture de nouveaux sites et l’autonomie des établissements ne sont pas contradictoires ». Sarah Peillon, représentante de la métropole de Lyon et diplômée de l’IEP, a comparé cette « étape importante » à l’ouverture du bâtiment rue Appleton, qui avait eu lieu à l’époque où elle-même étudiante au centre Berthelot. Mme Moulin Civil a souligné « l’importance la démocratisation et de l’égalité des chances » dans l’enseignement.

Gaël Perdriau s’exprime au micro (à droite), sous le regard de Renaud Payre (à gauche), Michèle Cottier (au centre) et de Georges Képénékian (au premier plan). Crédit Alexis Demoment

 

Et côté étudiant ?

Côté étudiant, on était venu plutôt nombreux. Une quinzaine d’entre eux était présente dans l’amphithéâtre. Comme celui-ci était complet, une dizaine d’autres a pu suivre la cérémonie depuis une seconde salle, grâce à une retransmission vidéo en direct. Si le pot a été un moment d’échange informel entre étudiants, personnel et invités, quelques 1ères années regrettaient de ne pas être plus au centre de cette cérémonie. « Le seul étudiant qui est intervenu [Alexandre Tiraboshi, vice-président étudiant de l’université Jean Monnet et de l’université de Lyon, ndlr] est en master et parlait plus au nom de l’université Jean Monnet que de Sciences Po Lyon », estime une étudiante de la nouvelle promotion.

La déception était cependant loin d’être totale chez les étudiants, qui ont pu profiter de l’occasion pour témoigner devant les micros et caméras des médias locaux. Autour, l’administration tendait l’oreille attentivement. On craignait qu’ils renvoient une image en décalage avec celle affichée par le personnel et les invités. La réalité quotidienne du campus les a certes rendus plus nuancés que les discours officiels. Mais les Stéphanois ont dans l’ensemble mis en avant l’enthousiasme qu’ils ont à faire partie de cette promotion pionnière. En tout cas, pour ceux qui en doutaient encore, on peut maintenant avoir la certitude que l’administration les a entendus !

 

Alexis DEMOMENT

Campus de Saint-Étienne : la parole aux pionniers !

Campus de Saint-Étienne : la parole aux pionniers !


[Photo : Sciences Po Lyon, campus de Saint-Étienne. Crédit Alexis Demoment / Bureau Des Médias.]

L’ouverture du campus de Sciences Po Lyon à Saint-Étienne pour les premières années a fait beaucoup parler ces dernières années. Processus de création opaque décrié par les syndicats étudiants, logique de « compétition » parfois décriée, difficultés techniques et administratives… à l’approche des élections syndicales étudiantes, les deux listes siégeant actuellement au conseil d’administration divergent en plusieurs points sur le sujet.

La Mobilisation des Étudiants de Gauche s’était placée fermement contre les motivations du projet, jugées élitistes. Le syndicat critique la logique du programme IDEX, dans le cadre duquel le campus voit le jour, qui vise à développer la compétitivité et le rayonnement à l’internationale. Interrogée à ce propos, la MEG estime « que l’enseignement supérieur se porterait bien mieux sans course effrénée à la distinction scolaire, et sans éloge du prestige scolaire, aussi biaisé que discriminant ». Aujourd’hui, reconnaissant que cette vision est minoritaire au sein du conseil d’administration, ses représentants entendent continuer de « défendre au maximum […] les étudiants de St Etienne ». Comptant parmi ses membres une étudiante du campus de Saint-Étienne l’an passé, le syndicat affirme avoir fait remonter le « sentiment d’être un peu à la marge et oubliés de la direction » de certains étudiants stéphanois.

Alternatives était d’abord restée sur sa réserve, reprochant un manque de transparence de l’administration sur le sujet. Une fois le projet lancé, elle s’est positionnée dans une logique « constructive », bien que déplorant le manque d’informations, pour faire valoir les intérêts des étudiants. Son objectif est maintenant de travailler « avec l’administration […] pour que les étudiant·e·s sur le campus stéphanois jouissent d’un crédit égal à celui des étudiant·e·s lyonnais, mais aussi et surtout qu’ils puissent avoir une réelle vie associative ». Selon la liste, « des efforts sont faits par l’administration pour […] rendre le campus stéphanois attirant (création d’un DE, développement de la vie associative, déblocage de fond pour financer des éventuelles navettes entre les deux campus…) ». Pour elle, il est « hors de question que le campus de Saint-Étienne [devienne] une « antenne » du campus de Lyon ».

Le Bureau Des Médias a donc voulu voir si ces positions correspondent aux réalités des étudiants stéphanois. La rédaction s’est rendue à Saint-Étienne et a tendu son micro aux 1A la sortie d’un amphi. Après un mois sur le campus, les sentiments sont variés :

 

Alexis Demoment