Bonjour Marion, pourrais-tu te présenter et expliquer en quoi consiste le projet Ethic2hand ?

Alors je m’appelle Marion, j’ai 25 ans et je suis la fondatrice d’Ethic2hand, une plateforme de vente et d’achat de produits éthiques de seconde main, et de fin de collections.

J’ai passé un bac S, j’ai fait deux ans de classe préparatoire, puis j’ai intégré l’Institut Polytechnique de Grenoble et je suis partie un an en échange à Berlin. J’ai ensuite travaillé comme ingénieure informaticienne pour différentes entreprises.

 

Comment t’est venue l’idée de créer ta marque ?

Pour ce qui est de l’idée, je voulais réunir mes deux valeurs phares : le zéro déchet et la mode éthique. Je suis zéro déchet depuis plus de deux ans et demi et je consomme uniquement des produits éthiques depuis plus de deux ans. L’idée c’était d’encourager à acheter moins de neuf, donc plutôt de la seconde main. Dans le même temps, j’étais dans une démarche de mode éthique, je n’avais pas envie d’acheter des marques conventionnelles de seconde main. J’ai essayé de combiner les deux et j’avais très peu de solutions, j’ai donc décidé de créer ma marque.

Un autre élément important, c’est que je ne me plaisais pas dans mes différents boulots, avec Ethic2hand j’ai voulu créer mon propre métier.

 

Quelles ont été les différentes étapes de création d’Ethic2hand ? A quelles difficultés as-tu dû faire face ?

J’ai eu l’idée en novembre 2018, j’ai quitté mon boulot en janvier 2019, puis j’ai postulé à l’Incubateur Manufactory à Lyon, j’ai été prise, j’ai quitté mon travail et je me suis mise à plein temps sur le projet en février 2019. Ça a été très rapide !

Les difficultés, j’en rencontre beaucoup (rires), la plus grosse difficulté c’est de rester motivée, parce que j’ai un business où il faut beaucoup de transactions sur le site pour qu’il soit viable. Donc cela veut dire qu’il faut que je trouve beaucoup de produits, et c’est difficile de rester motivée quand on voit que cela n’avance pas aussi vite que ce que l’on voudrait. Je rencontre également des difficultés techniques avec le site, mais on trouve toujours une solution (rires) !

 

Quelle est ta définition de la mode éthique ?

Pour moi la mode éthique combine l’aspect social et l’aspect éco-responsable de la mode. Par aspect social, j’entends de bonnes conditions de travail des employé.e.s, l’utilisation de labels comme celui de Fair Wear Foundation (label qui vise à améliorer les conditions de travail dans les usines de vêtements, ndlr), et plutôt des vêtements faits en Europe, puisque normalement dans l’Union Européenne il y a des normes relatives aux conditions de travail qui devraient être respectées. Pour ce qui est de l’aspect environnemental, c’est tout ce qui concerne l’utilisation de matières naturelles, de matières biologiques, et de labels comme GOTS (Global Organic Textille Standard, label qui certifie l’utilisation de textiles biologiques, ndlr).

 

Pour toi, peut-on considérer le fait d’acheter de la fast-fashion de seconde main comme une démarche éthique ?

Contrairement à beaucoup de personnes, je considère que non. Déjà parce que l’on ne va pas forcément penser à ce qu’il y a derrière le vêtement : qui l’a fait, pourquoi, dans quelles conditions ? Aussi, je trouve que le problème de la seconde main quand on l’achète directement à des personnes, donc via des plateformes de vente en ligne, c’est que l’on peut les encourager à retourner dans ces magasins de fast-fashion.

C’est un peu bizarre, mais je considère que le vêtement a une âme depuis que j’ai vu The True Cost (Andrew Morgan, 2015). Depuis l’effondrement du Rana Plaza (immeuble au Bangladesh effondré en 2013, qui abritait plusieurs usines de confection de vêtements de marques de fast-fashion, ndlr), je me dis que je n’ai pas envie que quelqu’un souffre pour me faire un vêtement. Même si ce n’est pas moi qui ai acheté ce vêtement la première fois, c’est quand même moi qui porte un vêtement sur lequel quelqu’un a souffert. Je n’ai pas envie de cautionner ça.

 

Nous nous sommes rencontrées lors d’un événement organisé par Fashion Revolution en avril 2019, pourrais-tu expliquer en quoi consiste les actions du groupe et parler de ton engagement ?

C’est un groupe qui organise la Fashion Revolution, afin de commémorer l’effondrement du Rana Plaza et c’est aussi une semaine, la Fashion Revolution Week, pour encourager les initiatives de la mode éthique et responsable et pour sensibiliser les consommateur.rice.s aux enjeux de la mode. A Lyon, cela fait deux ou trois ans qu’il y a tous les jours des événements de sensibilisation lors de cette semaine. .

Donc je participe aux réunions, on fait un très gros brainstorming, il en ressort des idées qui se rejoignent et on travaille ensuite par petits groupes de deux ou trois.

 

Tu as ouvert ta chaine YouTube en janvier 2019, quelles ont été tes motivations ?

Alors à la base ça venait du podcast Commencer (Nouvelles Ecoutes, nldr) lancé par 17H10 Paris (marque de tailleurs responsable, ndlr), qui est vraiment génial, et je me suis dit que j’allais faire pareil sur YouTube, mais ça n’a pas du tout marché (rires). Les créatrices de 17H10 arrivaient à s’enregistrer partout et je n’ai jamais eu le réflexe de le faire, de me filmer, etc. Ne pas avoir l’audience que j’espérais m’a un peu démotivée, j’ai continué assez régulièrement à poster des vidéos, mais c’était statique, le montage prenait du temps et ce n’est pas quelque chose que j’aime particulièrement faire. C’est un peu en standby pour le moment du coup.

 

Pourrais-tu me décrire une journée type chez Ethic2hand ?

Généralement dans la journée, j’ai souvent une réunion, c’est la partie que j’aime bien, après je passe environ 30% de ma journée sur le développement du site Internet et 30% à prospecter, répondre aux mails, travailler sur la communication, etc.

 

Tu as parlé du documentaire The True Cost, quelles-sont tes sources d’inspirations et tes marques coups de cœur du moment ?

Je vais citer Mathilde Lacombe (entrepreneuse beauté et créatrice de Birchbox, ndlr), que je suis depuis que j’ai quatorze ans, et qui je pense, m’a beaucoup forgée et influencée. C’est quelqu’un que j’admire énormément, et qui m’a fait découvrir le milieu de entrepreneuriat quand j’étais encore très jeune. J’écoute aussi beaucoup de podcasts, j’ai commencé par La Poudre (Nouvelles Ecoutes, ndlr), puis Génération XX, j’aime beaucoup écouter des personnalités que je connais. Les podcasts m’ont permis de voir que derrière les noms, il y avait des gens.

Pour les marques il y a Délicat Fracas (marque de bijoux, ndlr) et Oliopal (marque éthique, upcyclée et écoresponsable, ndlr) que je viens de rentrer sur le site.

 

Pour terminer, pourrais-tu me parler de tes prochains projets ?

Alors  il y a un projet dont je ne peux pas trop parler pour le moment, et sinon je continue mon petit bonhomme de chemin, à essayer d’avoir toujours plus de marques, toujours plus de personnes qui déposent des produits. J’organise également un événement le 14 décembre à Équilibres Café (4 rue Terme, dans le 1er, ndlr) où tout le monde est convié !

 

 

Pour aller plus loin

https://www.ethic2hand.com/

Facebook – @ethic2hand

Instagram – @ethic2hand

YouTube – Ethic2hand

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