#EcoleNumérique

European-Lab-vendredi-33Sous le nom de #EcoleNumérique, la France s’attaque à un enjeu de taille. Après plusieurs mois de concertation, les résultats de cette gigantesque enquête seront révélés lors d’une grande journée de restitution. L’objectif est clair : « Le ministère de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche s’est doté d’une stratégie ambitieuse visant à faire du numérique un facteur de réduction des inégalités. ».

Alors, est-ce donc cela la solution ? Une tablette à l’école et le code comme nouvelle langue vivante ? « C’est le moment de toute façon » explique Mathilde Aglietta, représentante de Simplon.co à Lyon, « il faut qu’on devienne tous un peu moins illettré du numérique ». Si Olivier Thomat, directeur général de Imaginove, est d’accord sur le fait qu’il s’agit bien d’une obligation aujourd’hui, il reste prudent quant aux risques qui en découlent : « Mais en même temps, je voudrais pas non plus qu’on crée une nation de gens qui vont bosser à 12$ de l’heure dans l’arrière cuisine de Google, en caricaturant. (…) Au delà de la technicité numérique, la question c’est comment on crée des citoyens, des gens qui s’emparent de la culture numérique et des opportunités »

#Public/Privé

European-Lab-vendredi-81Face au boom des initiatives privées, certains considèrent que le secteur public est encore en retard sur le sujet, en dépit de l’action lancée sur l’éducation. Pourtant, pour Mathilde Aglietta, une chose est sûre, la « complémentarité d’approche» entre secteur public et secteur privé est au cœur même du développement du numérique. Même point de vue du côté de notre intervenante britannique, Helen Teeling. Les initiatives privées seraient là pour effectuer les premières démarches, des recherches, et montrer que cela peut fonctionner. Les pouvoirs publics s’en emparent ensuite. « Trust » : c’est la confiance qui serait la base.

Pour Olivier Thomat, il existe un mythe du numérique, celui de l’utopie du « sans État ». Mais rien ne pourra fonctionner sans partenariat, sans dialogue : « il y a complémentarités sur ces questions là ». Et quant on lui parle des risques de l’implication des pouvoirs publics : « Le risque n’est pas du tout dans le fait que ce soit public. Le risque est que le numérique serve à faire de l’argent ! Qu’on crée la classe de ceux qui font de l’argent, et la classe de ceux qui vivent dans des décharges à 40km de San Francisco ! »

#Empowerment

European-Lab-vendredi-32L’idée est donc là, et bien ancrée. Le numérique serait une des clés de notre futur, et permettrait le développement des territoires, ainsi que l’empowerment des citoyens. Ces moyens d’émancipation et de prise de pouvoir offerts par le numérique méritent donc d’être largement diffusés. De nombreuses initiatives se développent, notamment grâce à des actions privées, hors des circuits traditionnels.

Mais sous quelles modalités le numérique doit-il être approprié par le plus grand nombre ?  Suffit-il d’apprendre à coder à chaque élève de la République pour générer un changement économique et social ? « Il y a l’idée selon laquelle le numérique va libérer les énergies créatives et entrepreneuriales. Je n’en suis pas complétement certain. » précise Olivier Thomat, « Ce qui m’effraie, c’est la capacité de contrôle social apportée par le numérique, pas tant la question de la surveillance ». Le numérique, en parallèle et en contradiction des possibilités d’empowerment, pourrait donc aussi réduire la marge de liberté des citoyens.

#FractureNumérique

« Comment faire pour que ma grand-mère vienne dans les espaces créés par Helen ? Si on crée ça pour des gens qui viendraient de toute façon, à quoi ça sert de le faire ? ». Pour Olivier Thomat, le développement du numérique n’est pas si facile que ça : « Ce qui compte, c’est l’encouragement à la radicalité (…) C’est très important d’emprunter des voies radicales, de devenir des cygnes noirs. ». Sans un renouveau des approches et des points de vue, le développement du numérique ne serait donc pas si intéressant que ça.

Cette fracture est souvent montrée du doigt, qu’elle soit vue comme géographique, sociale, ou une fracture de génération. Mais pour Olivier Thomat, c’est encore plus que ça : « C’est pas une fracture de technicité, mais de capacité à s’approprier les outils. Du coup, je veux bien qu’on apprenne le cours à l’école, qu’on ait des cours fait par des hackers. Il y a toute une culture du borderline du numérique, une culture de la confrontation. »

Lucile

Par Lucile Arnould

Imaginove – http://www.imaginove.fr

Simplon.co – http://simplon.co

Taktal – http://taktal.com

Portail de l’Éducation Nationale sur #ÉcoleNumérique http://ecolenumerique.education.gouv.fr

Mentionné durant le débat : Tubà – http://www.tuba-lyon.com

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