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La direction de Sciences Po Lyon gourmande pour son gâteau d’anniversaire

La direction de Sciences Po Lyon gourmande pour son gâteau d’anniversaire

50 000 €. C’est le budget alloué pour célébrer l’anniversaire de Sciences Po Lyon, qui fête en 2018 ses 70 ans. Une somme non-négligeable, mais une goutte d’eau dans le budget de l’école. Si cela marque les ambitions de la direction pour l’établissement, les syndicats étudiants s’agacent.

Tout au long de cette année 2018, l’IEP est en fête. Dans la foulée de l’inauguration de son nouveau campus délocalisé de Saint-Étienne, l’école souffle ses 70 bougies. Pour marquer l’occasion, l’administration met les grands moyens.

Un programme chargé

La semaine du 1er au 5 octobre s’annonce dynamique pour le centre Berthelot. Durant ces 5 jours, il sera le lieu de nombreuses célébrations : conférences, animations culturelles, rencontres sportives… l’équipe de communication élabore actuellement cette programmation chargée. Une journée de la semaine promet d’être particulièrement marquante. Celle-ci sera banalisée et devrait rassembler, après une journée d’activités, étudiant·e·s, personnel et professeur·e·s autour d’un cocktail dans la cour d’honneur.

D’autres temps forts sont prévus par l’administration : une « soirée officielle à l’Hôtel de ville de Lyon avec dîner sur invitation », ciblant les « partenaires institutionnels » ; une autre « dédiée aux alumni dans un cadre prestigieux ». En plus de ces événements, la remise des diplômes du 17 mars dernier et le gala du 3 mai prochain ont été labellisés « 70 ans ». L’édition d’un livre regroupant les portraits de 70 personnes ayant marqué l’histoire de l’IEP (étudiant·e·s, directeurs, personnel…) est par ailleurs en préparation. À cela s’ajoute un projet de cuvée de vin « Sciences Po Lyon » en cours d’élaboration.

1 % du budget de l’établissement

Dans le budget initial 2018 présenté devant de le Conseil d’administration (CA) en décembre dernier, 50 000 € sont alloués pour ces événements. À cette somme s’ajoutera le coût de l’édition du livre, dont le montant, pour l’instant inconnu, devrait être relativement élevé. Le budget a été adopté à 23 voix pour et 2 abstentions. Ce sont celles de la Mobilisation des étudiants de gauche (MEG) qui estime ne pouvoir approuver le budget « sans connaître en détail le programme de ces célébrations ». Si cela représente à peine 1 % du budget total d’environ 5 millions d’euros, le syndicat souhaite attirer l’attention sur la baisse du fond social étudiant (FSE), passé cette année de 9 000 à 5 000 € cette année.

« Ce n’est pas le même type de dépenses », souligne Renaud Payre, insistant sur le fait que l’ouverture d’un budget pour l’anniversaire n’est pas la cause de la diminution du FSE. La baisse du fond est en effet justifiée par le fait que son plafond n’est chaque année jamais atteint. La MEG se dit d’accord sur le principe de baisser ce budget pour ne pas bloquer des fonds qui pourraient être utilisés ailleurs, mais reproche « un manque de communication sur le FSE ». Selon elle, peu d’étudiant·e·s sont au courant de l’existence de ce fond, prévu pour aider celles et ceux en difficultés financières.

Les années précédentes, les demandes se comptaient sur les doigts d’une main. Selon le syndicat majoritaire, Alternatives, « les demandeurs obtiennent en général environ 800 ou 900 € ». Le calcul est simple : même avec un plafond fixé à 9 000 €, on n’atteignait pas les 5 000. « Le but est de mieux utiliser ce fond », répond Renaud Payre, qui se déclare ouvert aux propositions des syndicats pour améliorer la communication sur le sujet. « S’il faut dépasser le plafond de 5 000 €, on le fera », affirme-t-il.

Un budget bien supérieur à celui du forum des métiers

Chez Alternatives, on grince aussi des dents : « 50 000 €, c’est 25 fois le budget du forum des métiers ». Il n’a pas été possible de prendre en charge les frais de transports d’intervenants intéressés par le forum, mais habitant loin de Lyon. Pour le pôle Formation continue et Insertion professionnelle, la raison de ce refus n’est pas budgétaire : « les frais de déplacement des intervenants ne sont en principe pas pris en charge pour ce type de manifestation […]. S’il peut y avoir des exceptions, […] elles ne concernent certainement pas de grandes structures privées intervenant dans un secteur tel que celui de la communication très bien représenté dans la région lyonnaise ».

Faire ce type de parallèle entre ces 50 000 € et des lignes budgétaires diminuées ou jugées trop faibles est important pour les syndicats étudiants. « On n’a pas l’expertise en comptabilité, admet la MEG, mais pour nous ces choix budgétaires indiquent une ligne politique ». En l’occurrence, cette ligne ne serait pour les deux syndicats pas assez orientée sur l’intérêt étudiant, qui s’interrogent sur la nécessité de la soirée à l’Hôtel de ville et de celle des alumni.

Des événements prestigieux

« Nous ne sommes pas fondamentalement contre, déclare Alternatives, mais on se demande s’il est nécessaire d’y mettre autant de moyens ». Alors que l’administration espère que la soirée alumni, dont l’entrée sera payante, se tiendra dans la skyroom OnlyLyon, au 27ème étage de la tour Oxygène, le syndicat préférerait un événement plus modeste. Il espère ainsi que le réseau des alumni s’ouvre d’avantage aux étudiant·e·s. Plusieurs semaines après l’interview, Alternatives précise qu’il y a eu des améliorations par rapport à ses inquiétudes initiales. D’après Renaud Payre, la soirée alumni « ne coûtera presque rien à l’IEP ».

À la MEG, c’est plutôt le « repas assis » à l’Hôtel de ville avec les « partenaires institutionnels » qui dérange. Le syndicat aimerait savoir combien cela va coûter et qui y sera convié. « La liste des invités n’est pas encore établie, explique Renaud Payre. Il y aura des membres du personnel, des acteurs de collectivités locales et d’entreprises avec lesquelles nous travaillons et les élus étudiants ». Selon l’annonce du responsable communication de l’école Olivier Guillemain début mars en réunion de préparation de l’événement avec les associations étudiantes, des représentant·e·s associatifs seraient aussi convié·e·s. Le directeur ne confirme pas l’information, mais souligne : « je ne vois pas de soirée se faire s’il n’y a pas d’étudiants ». Il ajoute que « la majorité du budget servira à l’organisation de la journée d’activité et du cocktail à l’IEP, ouvert à tout le personnel et les étudiants ».

Comme Alternatives, la MEG n’est pas fondamentalement contre le principe de célébrer l’anniversaire. Elle déclare s’être abstenue lors du vote pour du budget pour utiliser son pouvoir d’interpellation et attirer l’attention sur ces points qu’elle estime importants. À Alternatives, les élu·e·s ont pour leur part approuvé le budget malgré leurs réticences. « Si le CA rejette le budget, celui ne fonctionnerait plus qu’à 80 %, justifie le syndicat. Ce serait un handicap pour beaucoup d’événements ». Un ancien élu MEG s’en agace. « Donc ils considèrent que l’intérêt de l’école passe avant l’intérêt des étudiants », tacle-t-il.

Une direction ambitieuse

Dans l’administration, on déplore que les intérêts de l’établissement et ceux des étudiant·e·s puissent être considérés comme divergents. « Sciences Po Lyon est une école qui accorde une large place aux élus étudiants dans le CA, rappelle Olivier Guillemain. Renaud Payre mène une politique plutôt bonne pour les étudiants : il a figé les droits d’inscription, créé des bourses… »

Les syndicats ne sont pas totalement convaincus. « Pourquoi 70 ans ? s’interroge Alternatives. Ce n’est pas un chiffre symbolique comme un cinquantenaire ou un centenaire ». Là-dessus, Renaud Payre ironise : « je ne pense pas être encore-là pour le centenaire ». Après des recherches dans les archives, le BDM a effectivement constaté que les célébrations des 60 ans, sous la baguette de Gilles Pollet, avaient été bien plus sobres. Le directeur, élu il y a à peine deux ans, y voit « une occasion de créer du lien, de rassembler ».

Un deuxième objectif affiché est clair : améliorer l’image de l’école à l’extérieur. Cela ne permet pas seulement d’attirer plus de candidat·e·s au concours, mais aussi d’aider la réussite des ancien·ne·s étudiant·e·s. « Ce n’est pas parce qu’on est diplômé qu’on ne fait plus parti de l’école », affirme Renaud Payre. Pour lui, il est important que l’école garde une bonne image pour que ses diplômé·e·s puissent plus facilement être employé·e·s. Le directeur ne cache pas ses ambitions : « j’espère que ce sera mieux d’être passé par Sciences Po Lyon après mon mandat qu’avant ».

Alexis DEMOMENT

Photo : le logo des 70 ans de Sciences Po Lyon. Crédit Sciences Po Lyon.

BDE, BDS : maladroits… hors-la-loi. Partie 1 : BDS juridiquement sans existence, soucis d’assurance

BDE, BDS : maladroits… hors-la-loi. Partie 1 : BDS juridiquement sans existence, soucis d’assurance

Crédit image : Bureau des Médias

Les pratiques associatives sont encadrées par un ensemble de règles. Alors que le BDE et le BDS en enfreignent un certain nombre, beaucoup d’étudiant·e·s semblent ignorer leurs droits vis-à-vis des associations. Si au sein des bureaux on semble plus mal-informés que malintentionnés, ces irrégularités exposent à des problèmes parfois inquiétants.

Le Bureau des élèves (BDE) et le Bureau des sports (BDS) sont des associations de loi 1901. Pour créer une association dotée de la personnalité juridique, celle-ci doit faire l’objet d’une déclaration préalable en préfecture. Ses membres doivent renseigner le nom, l’objet et les statuts de l’association. Il faut aussi fournir la liste de ses dirigeants : le bureau. Une déclaration sans l’un de ces éléments est non-recevable.

Les statuts sont la Constitution d’une association. Ils énumèrent les règles qui régissent son fonctionnement, l’élection de ses dirigeant·e·s et la façon dont on peut modifier ces statuts. Ils sont publics. Chaque citoyen·ne peut les consulter en préfecture ou après une demande en ligne.

 

Le BDS sans existence légale depuis mai 2015

 

Pour continuer à jouir de la personnalité juridique, une association doit maintenir ses statuts à jour. Pour le BDS, ce n’est pas le cas. La greffe des associations de la préfecture du Rhône, contactée le 20 février dernier, nous a envoyé les derniers statuts déposés par le BDS en préfecture. Ceux-ci datent du 16 février 2015. D’après l’article 3 du texte, « ils prendront fin en mai 2015, lors de l’assemblée générale qui élira le nouveau bureau de l’association ».

Ces statuts « d’urgence » avaient été adoptés après la démission du président du BDS en 2014-2015. Il avait alors été remplacé par deux co-présidents au milieu de l’année, une situation inhabituelle. Arthur Thiré, co-président du BDS actuel, déclare : « nos statuts ont été modifiés pour la dernière fois en octobre 2017, pour tenir compte de l’arrivée du campus de Saint-Étienne où un des membres du BDS se trouve ». Mais ces nouveaux statuts n’ont pas été portés à la connaissance de la préfecture. Si le BDS a amendé ses statuts depuis, ceux-ci n’ont donc aucune valeur juridique.

Pourquoi c’est important ?

Selon la loi de 1901, une association dispose de trois mois pour déclarer des modifications dans ses statuts. Comme l’expliquent les statuts du BDS de février 2015, c’est au président ou son délégataire de remplir cette mission. Un oubli peut exposer l’association en faute à une amende, allant en théorie jusqu’à 1 500 €. Une décision prise en suivant des règles présentes dans des statuts non-déclarés peut être contestée, puis annulée par la justice, puisque ces statuts n’ont pas de valeur aux yeux de la loi.

 

Une assurance incertaine pour les adhérent·e·s du BDS

 

Sans capacité juridique, le BDS ne peut théoriquement pas avoir de compte en banque ou souscrire une assurance. Interrogé, un conseiller de la MAIF – assureur actuel du BDS – a affirmé qu’un membre de l’association serait couvert malgré l’absence de statuts valides.

L’article 8 du contrat MAIF Association précise cependant que ce contrat « peut être résilié, à l’initiative de la mutuelle […] lorsque [l’association] perd la qualité pour adhérer à la mutuelle », ce qui pourrait être le cas du BDS. Les statuts de la MAIF indiquent en effet que seules peuvent adhérer « les associations et groupements […] légalement constitués ». Un conseiller de la MAE, une autre assurance travaillant avec des associations, semble confirmer cette seconde hypothèse. Selon lui, l’absence de statuts valides pourrait remettre en cause l’assurance des membres de l’association.

Le BDS ne semble pas non plus disposer d’une liste à jour de ses adhérent·e·s, condition indispensable pour définir les ayants droit auprès de l’assurance. En décembre dernier, l’association avait pris la décision de faire payer une cotisation de 15 € à chaque adhérent·e pour couvrir ses frais d’assurance. Pas en mesure de fournir de liste des adhérent·e·s, elle avait alors demandé aux capitaines d’équipes d’établir la liste des joueu·r/se·s et collecter eux-mêmes les cotisations. Le contrat de la MAIF stipule clairement que « le versement des sommes dues par la mutuelle en application de la garantie sera effectuée dans les quinze jours suivant la réception […] de la liste des ayants droit ».

 

Pourquoi c’est important ?

Il est possible que les adhérent·e·s du BDS ne soient pas couverts par l’assurance de l’association en cas d’accident. Sans liste des adhérent·e·s à jour, comment prouver à l’assurance qu’une personne concernée était effectivement un ayant droit ? La réponse reste incertaine, à moins d’un mois du Crit’. Nous n’avons à ce jour pas obtenu de réponse du BDS sur ce point.

 

Partie 2/3 : « au BDE, scrutin fragile, AG volatile »

Partie 3/3 : « un défi de transparence »

Manon Botticelli, Sami Sadik, Alexis Demoment

Une petite convocation…

Une petite convocation…

Crédit photo : Anaximandredecarie (licence CC).

 « À la suite des propos que vous avez tenus dans divers médias, je souhaite avoir une explication avec vous. Je vous convoque donc dans mon bureau le [date] à [heure]. Cordialement, Renaud Payre ». C’est un message du directeur que les étudiant·e·s de Sciences Po Lyon peuvent apparemment recevoir si elles et ils répondent à la presse.

 

 

Extrait du règlement intérieur de l’IEP de Lyon, approuvé par le Conseil d’administration le 16 juin 2017, titre IV, article 48 : « La liberté d’information, la liberté d’opinion, la liberté d’expression, et plus généralement, l’ensemble des libertés et droits fondamentaux sont garantis au sein de Sciences Po Lyon ». Oui, mais…

Ces dernières semaines, des bruits ont circulé sur la convocation d’étudiant·e·s par M. Payre par rapport à des propos tenus dans la presse. Après une revue de presse sur les potentiels contenus concernés, il apparaît évident qu’aucun d’entre eux ne contient un délit d’expression. Pas une trace de diffamation, d’injure, de mensonge, ni d’incitation à la haine. Difficile aussi de prétendre qu’ils « [troublent] l’ordre public et [portent] atteinte aux activités d’enseignement, de recherche et d’administration conduites en son sein » (règlement intérieur, article 48). Mais alors, pourquoi diable y aurait-il une convocation ?

Interrogé par mail sur ces rumeurs, le responsable de la communication de l’IEP Olivier Guillemain nous a confirmé l’information, répondant que « la convocation de ces élèves porte sur un sujet plus large ». Le message du directeur ne fait pourtant pas mention dudit « sujet plus large ». Quel est-il ? M. Guillemain, soulignant que « la réunion s’est très bien passée » et que « les échanges étaient très constructifs », nous suggère après la rencontre de demander aux étudiant·e·s en question.

Contacté·e·s par le BDM, ces dernier·e·s confirment ses dires, mais se disent contre la publication d’un article sur le sujet. Nous ne pouvons donc pas fournir plus de détails.

 

Rappels divers :

  • La liberté d’expression des membres de Sciences Po Lyon inclut le droit de critiquer la politique de l’école.
  • Même si aucune sanction formelle n’y fait suite, la convocation d’étudiant·e·s par un·e supérieur·e hiérarchique peut légalement être considérée comme une tentative d’intimidation.
  • « Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions » (Déclaration universelle des droits humains, extrait de l’article 19).

 

Alexis DEMOMENT

Saint-Étienne : inaugurer pour mieux rassembler

Saint-Étienne : inaugurer pour mieux rassembler

 

L’inauguration du nouveau campus de Sciences Po Lyon à Saint-Étienne a officiellement eu lieu ce lundi 4 décembre. Dans la matinée, l’IEP a reçu plusieurs élus locaux dans le bâtiment tout juste rénové du 77 rue Michelet. L’occasion d’affirmer la réussite du démarrage de ce projet.

 

Une ambiance plutôt joviale régnait parmi les officiels en présence lors de la cérémonie d’inauguration. Les visages de Georges Képénékian (maire de Lyon), Gaël Perdriau (maire de Saint-Étienne), Françoise Moulin Civil (rectrice de la région académique Auvergne-Rhône-Alpes), Evence Richard (préfet de la Loire), Yannick Neuder (vice-président délégué à l’enseignement supérieur et à la recherche de la région Auvergne-Rhône-Alpes) et Khaled Bouabdallah (président de l’université de Lyon), parmi d’autres, semblaient marqués par la satisfaction. Malgré leurs différentes étiquettes politiques, tous étaient unanimes pour se féliciter du lancement de ce projet de campus délocalisé de Sciences Po Lyon, qu’ils jugent prometteur.

 

Réunir sur un sujet qui divise

Le protocole était bien filé. D’abord, la visite des locaux a permis de valoriser l’architecture du bâtiment et les rénovations entreprises pour optimiser le cadre d’étude. Est ensuite venu le discours, sous les yeux réjouis de Renaud Payre (directeur de Sciences Po Lyon) et Michèle Cottier (présidente de l’université Jean Monnet de Saint-Étienne), durant lequel plusieurs élus et représentants ont pu faire part de leur enthousiasme devant l’amphithéâtre rempli. La cérémonie s’est terminée par un pot au sixième et dernier étage.

L’administration semblait vouloir réunir sur un sujet qui a parfois divisé. M. Perdriau estimait que « la concurrence n’a absolument pas lieu d’être » entre Lyon et Saint-Étienne. M. Payre a quant à lui rappelé sa conviction « que l’ouverture de nouveaux sites et l’autonomie des établissements ne sont pas contradictoires ». Sarah Peillon, représentante de la métropole de Lyon et diplômée de l’IEP, a comparé cette « étape importante » à l’ouverture du bâtiment rue Appleton, qui avait eu lieu à l’époque où elle-même étudiante au centre Berthelot. Mme Moulin Civil a souligné « l’importance la démocratisation et de l’égalité des chances » dans l’enseignement.

Gaël Perdriau s’exprime au micro (à droite), sous le regard de Renaud Payre (à gauche), Michèle Cottier (au centre) et de Georges Képénékian (au premier plan). Crédit Alexis Demoment

 

Et côté étudiant ?

Côté étudiant, on était venu plutôt nombreux. Une quinzaine d’entre eux était présente dans l’amphithéâtre. Comme celui-ci était complet, une dizaine d’autres a pu suivre la cérémonie depuis une seconde salle, grâce à une retransmission vidéo en direct. Si le pot a été un moment d’échange informel entre étudiants, personnel et invités, quelques 1ères années regrettaient de ne pas être plus au centre de cette cérémonie. « Le seul étudiant qui est intervenu [Alexandre Tiraboshi, vice-président étudiant de l’université Jean Monnet et de l’université de Lyon, ndlr] est en master et parlait plus au nom de l’université Jean Monnet que de Sciences Po Lyon », estime une étudiante de la nouvelle promotion.

La déception était cependant loin d’être totale chez les étudiants, qui ont pu profiter de l’occasion pour témoigner devant les micros et caméras des médias locaux. Autour, l’administration tendait l’oreille attentivement. On craignait qu’ils renvoient une image en décalage avec celle affichée par le personnel et les invités. La réalité quotidienne du campus les a certes rendus plus nuancés que les discours officiels. Mais les Stéphanois ont dans l’ensemble mis en avant l’enthousiasme qu’ils ont à faire partie de cette promotion pionnière. En tout cas, pour ceux qui en doutaient encore, on peut maintenant avoir la certitude que l’administration les a entendus !

 

Alexis DEMOMENT

Elections du CA : Pourquoi je vote pour Alternatives ?

Elections du CA : Pourquoi je vote pour Alternatives ?

Ce jeudi 23 novembre, nous, étudiants de Sciences Po Lyon sommes appelés aux urnes pour élire les syndicats étudiants. Deux listes se font face : Alternatives et la Mobilisation des Étudiants de Gauche (MEG). Après avoir suivi la campagne et analysé les programmes, j’ai choisi de voter pour Alternatives.

Mon vote peut paraitre contestataire, mais il est surtout construit, et non pas le fruit d’une simple détestation pour la gauche. Le terme même de vote contestataire au niveau de ce qu’est cette élection est bien entendu exagéré, nous ne sommes pas ici dans une élection de grande volée ou de grande envergure tant sur la forme que le fond. L’idée y est tout de même.

Non à une politisation de notre école

Pourquoi donc un vote contre la MEG? Je vais commencer par évoquer le simple nom de cette dite liste: Mobilisation des Etudiants de Gauche. J’entends déjà siffler les Insoumis, ou ce qu’il reste des soutiens d’Hamon. S’il y avait une « MED » pour Mobilisation des Etudiants de Droite je comprendrais la logique d’un tel nom, deux visions de la politique différentes dans notre monde qui se font face dans le microcosme qu’est l’IEP, mais ici vous, la MEG, êtes les seuls à proposer une telle politisation de votre liste. L’idée qui passe est donc que soit on est de gauche, soit on n’a pas de personnalité en votant Alternatives.

Même si vous le réfutez plus ou moins naïvement, c’est un mouvement de gauche, donc exit des idées venant d’autres constructions politiques, exit une pensée plus centriste ou plus droitiste, exit, par simple rejet idéologique, de ce qui pourrait être utile à notre école. Je trouve dans ce sens la démarche d’Alternatives beaucoup plus logique : ils n’excluent pas, ils rassemblent. Et c’est bien cette vision de l’IEP que j’ai : non pas un terreau au gauchisme mais au contraire un lieu de débat et d’échange d’idées qui permettent la construction personnelle de l’individu. Je trouve cela idiot de forcer à la politisation de notre école dont je trouve la position neutre très juste.

Sur cette neutralité, je juge qu’Alternatives marque un point : l’IEP ne doit en aucun cas inciter ses étudiants à suivre tel ou tel mouvement, à accepter telle idée comme juste: que ce soit sur les réfugiés ou ce débat sans queue ni tête de l’écriture inclusive. Vous forceriez les étudiants à rester dans un carcan d’idée bien calculées. Quelle place donc pour la liberté, l’égalité que vous revendiquez ? Si l’IEP se prononce contre la sélection en université, quelle place dans notre école pour ceux qui sont pour ?

Vous réfutez l’idée de clivage des étudiants par votre appartenance à la gauche dans votre pseudo-communiqué « De l’impossibilité de l’apolitisme dans l’enseignement supérieur »: mais le résultat n‘y est pas: vous avancez une idéologie de gauche vaseuse et indirectement vous ne pouvez que cliver. Vous brandissez l’écriture inclusive comme une nécessité, car oui la linguistique impacte les êtres humains sur leur système de pensée. Mais apprenez la leçon en commençant par changer de nom, ça vous aidera.

De même, votre chère MEG souhaite « participer et collaborer aux initiatives militantes de l’Université Lyon II »:  par cette formulation floue, en gros, vous souhaiteriez que l’IEP appelle à des mobilisations syndicales s’il y a élection de cette liste? Alors même que l’engagement dans le syndicalisme doit être une volonté personnelle et ne pas venir d’en haut ? N’est-ce pas là de manière subversive chercher à gonfler les rangs d’une gauche étrangère à l’école ?

Votre programme avance des idées peu utiles dans l’instant : en quoi un cours sur les rapports sociaux entre sexe est utile en première année ? Il y a des choses plus urgentes comme revoir simplement l’offre de cours globale avant d’intégrer de nouveaux qui de plus n’ont pas leur place : ce genre de sujet doit être abordé dans chaque cursus et chaque matières, ce doit être une construction précise faite par notre établissement dans le cadre d’une réflexion sur cette problématique.

Une liste qui se penche sur des questions concrètes, et non idéalistes

Vous défendez une certaine vision de l’enseignement supérieur, je ne défends pas la même. Vous restez cloitrés dans des visions que je juge dépassées. Moi je veux rester dans le concret, ce que fait Alternatives. Je trouve ceci hypocrite de défendre une égalité de l’enseignement alors même que vous êtes entré dans une école qui se veut élitiste. Je tiens à la neutralité de l’IEP comme outil à la construction de citoyens libres de penser comme ils le souhaitent, et non pas comme une usine à étudiants abrutis par des idées de gauche souvent trop dépassées.

Le programme d’Alternatives est bien plus juste dans le sens où il est fixé sur les problématiques actuelles et qu’il est beaucoup plus concret au lieu d’être idéel. Ce qu’on l’attend d’une liste comme celle-ci c’est qu’elle fasse mieux fonctionner l’IEP et le nouveau campus de Saint-Etienne: Alternatives aborde les cours, les infrastructures, Saint Etienne, ce que ne fait quasiment pas la MEG qui préfère divaguer vers des choses vagues. La présentation des listes en est une preuve : le débat a malheureusement dégouliné vers des sujets comme l’écriture inclusive ou l’égalité entre les écoles. Nous parlons de faire fonctionner l’IEP, pas de changer le monde et le système.

La MEG n’est pas faite pour une telle élection car trop ancrée sur des principes et pas sur le concret. Je souhaite conserver la neutralité de l’école à tout prix. Qu’on soit de gauche ou de droite, l’IEP est un lieu de partage et de débats propice à la naissance de l’opinion politique. Je n’ai pas de message en particulier à faire passer, je ne me présente pas pour une liste, mais simplement, je pense avoir su expliciter mon choix.

Je ne déconstruis pas ici la gauche. J’adhère à certaines de ses idées au contraire. Je cherche simplement à montrer qu’elle n’a rien à faire au coeur des problématiques actuelles auxquelles l’IEP fait face, et qu’Alternatives y répond beaucoup mieux.

Théo Ruel

Campus de Saint-Étienne : la parole aux pionniers !

Campus de Saint-Étienne : la parole aux pionniers !


[Photo : Sciences Po Lyon, campus de Saint-Étienne. Crédit Alexis Demoment / Bureau Des Médias.]

L’ouverture du campus de Sciences Po Lyon à Saint-Étienne pour les premières années a fait beaucoup parler ces dernières années. Processus de création opaque décrié par les syndicats étudiants, logique de « compétition » parfois décriée, difficultés techniques et administratives… à l’approche des élections syndicales étudiantes, les deux listes siégeant actuellement au conseil d’administration divergent en plusieurs points sur le sujet.

La Mobilisation des Étudiants de Gauche s’était placée fermement contre les motivations du projet, jugées élitistes. Le syndicat critique la logique du programme IDEX, dans le cadre duquel le campus voit le jour, qui vise à développer la compétitivité et le rayonnement à l’internationale. Interrogée à ce propos, la MEG estime « que l’enseignement supérieur se porterait bien mieux sans course effrénée à la distinction scolaire, et sans éloge du prestige scolaire, aussi biaisé que discriminant ». Aujourd’hui, reconnaissant que cette vision est minoritaire au sein du conseil d’administration, ses représentants entendent continuer de « défendre au maximum […] les étudiants de St Etienne ». Comptant parmi ses membres une étudiante du campus de Saint-Étienne l’an passé, le syndicat affirme avoir fait remonter le « sentiment d’être un peu à la marge et oubliés de la direction » de certains étudiants stéphanois.

Alternatives était d’abord restée sur sa réserve, reprochant un manque de transparence de l’administration sur le sujet. Une fois le projet lancé, elle s’est positionnée dans une logique « constructive », bien que déplorant le manque d’informations, pour faire valoir les intérêts des étudiants. Son objectif est maintenant de travailler « avec l’administration […] pour que les étudiant·e·s sur le campus stéphanois jouissent d’un crédit égal à celui des étudiant·e·s lyonnais, mais aussi et surtout qu’ils puissent avoir une réelle vie associative ». Selon la liste, « des efforts sont faits par l’administration pour […] rendre le campus stéphanois attirant (création d’un DE, développement de la vie associative, déblocage de fond pour financer des éventuelles navettes entre les deux campus…) ». Pour elle, il est « hors de question que le campus de Saint-Étienne [devienne] une « antenne » du campus de Lyon ».

Le Bureau Des Médias a donc voulu voir si ces positions correspondent aux réalités des étudiants stéphanois. La rédaction s’est rendue à Saint-Étienne et a tendu son micro aux 1A la sortie d’un amphi. Après un mois sur le campus, les sentiments sont variés :

 

Alexis Demoment