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Ce jeudi 23 novembre, nous, étudiants de Sciences Po Lyon sommes appelés aux urnes pour élire les syndicats étudiants. Deux listes se font face : Alternatives et la Mobilisation des Étudiants de Gauche (MEG). Après avoir suivi la campagne et analysé les programmes, j’ai choisi de voter pour la MEG.

Avant toute chose, il faut sortir de cette guéguerre absolument ridicule de l’étiquette. Un éternel et pathétique dialogue de sourds : d’un côté Alternatives brandit son « apartisanisme », comme si la MEG était affiliée à un parti ; de l’autre, la MEG critique l’« apolitisme », terme erroné, du moins pas utilisé par Alternatives.

Il ne me semble pas non plus judicieux de se baser uniquement sur les propositions de chaque liste pour voter. Au risque de surprendre, je dirais même que celles-ci sont totalement secondaires. Rappelons-le, seules 9 des 30 places du conseil d’administration sont allouées aux étudiants. Les décisions sont prises à la majorité absolue. Une liste syndicale seule, même ayant remporté les 9 sièges, se retrouvera donc obligée de composer avec les autres membres de l’administration.

L’important n’est pas la force de proposition, mais la capacité à réagir

Ce n’est donc pas tant dans la force de proposition des candidats qu’il faut voir un atout, mais plutôt dans son aptitude à influencer le CA. Les propositions de chacune ne s’opposent pas. Je ne pense pas qu’Alternatives soit contre la « lutte contre toutes formes de discriminations » inscrite dans le programme de la MEG. Je ne crois pas non plus que la MEG soit réticente à la suggestion d’Alternatives d’installer « de nouveaux stationnements vélo autour de Sciences Po Lyon ».

Puisque minoritaires au CA, et n’ayant donc pas toutes les clés en main pour la prise de décision, la faculté de nos élus à agir est illusoire : il faut voter sur leur capacité à réagir. Ce que j’attends d’eux, c’est qu’ils négocient, fassent pression, critiquent. J’ose espérer qu’une fois élus, les candidats des deux listes sauront reconnaitre de bonnes idées chez le rival et les défendre conjointement. Ils sont pleins de bonnes intentions, et à mon avis sincères lorsqu’ils s’engagent à « défendre les intérêts des étudiants ». Mais de quels « étudiants » parle-t-on au juste ?

Les « étudiants » ne sont pas une simple entité !

Sur beaucoup de sujets où les intérêts étudiants ont été le cadet des soucis du CA, Alternatives s’est positionnée dans une « logique constructive de dialogue avec l’administration ». C’est pour cela qu’elle n’aura jamais mon vote. Comment peut-on parler de « logique constructive » alors qu’il existe un rapport de force ? Une construction implique un équilibre, qui aujourd’hui n’existe pas à l’IEP.

La MEG incarne les valeurs de la gauche. Une gauche plurielle, égalitaire et surtout qui s’assume. Quitte à souvent se retrouver seule contre tous au CA, elle a conservé son intégrité. Lorsqu’il faudra réagir à de futurs projets de l’administration inconnus à ce jour – comme cela avait été le cas lorsque le projet de campus à Saint-Étienne avait été annoncé –, nous savons clairement les principes qu’elle suivra. En refusant d’énoncer ses valeurs explicitement, Alternatives s’accapare les « intérêts des étudiants » et les réduit violemment à une cause unique et monodirectionnelle. Il y a dans notre école autant d’intérêts que d’étudiants ; certains sont parfois incompatibles. Pour trancher, je compte sur la MEG, qui prend le parti qui me semble le plus juste : celui du plus faible, celui de l’équité.

Alexis DEMOMENT

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