« La vraie innovation d’AirBnB n’est pas la location en ligne. C’est la confiance. »

Three times U.S. Pulitzer Prize winner journalist of the New York Times Thomas Friedman delivers his speech during the workshop titled "Is the World Flat?" presented by the CEU Center for Media and Communication Studies and Open Century Project in the Central European University in Budapest, Hungary, Saturday May 6, 2006. (AP Photo/MTI,Zsolt Szigetvary)

Cette phrase n’a pas été prononcée par un militant convivialiste mais par Thomas Friedman, un éditorialiste du New York Times, célèbre pour son soutien intarissable en faveur de la mondialisation financière. C’est le paradoxe de l’économie du partage: on se trouve face à un modèle économique qui se voudrait post capitaliste et qui serait fondé sur des relations horizontales qui est en fait promu par des entreprises motivées par le profit uniquement.

Voilà la problématique que nous souhaitions explorer à l’origine dans le cadre de cette chronique: si on peut retracer les origines des dispositifs relevant de l’économie collaborative à des pratiques communautaires qui ont émergé depuis les années 60, le succès de ces dispositifs est relativement récent et a éclaté après la Crise de 2008, sous l’influence particulièrement de la croissance de startups issues du secteur de l’économie numérique. Ainsi, l’économie du partage semble osciller entre un mouvement profond qui tend vers une démocratisation du partage et un effet de mode qui poussent des industries historiques à trouver des réponses aux nouvelles habitudes de consommation provoquées par la récession dans une forme de « common washing ».

Nouveaux acteurs dans l’économie du partage des mobilités

Ces dernières années sont en effet apparues de plus en plus d’entreprises qui permettent de partager l’usage d’un objet plutôt que le posséder ou de relier des usagers entre eux. Dans le domaine des transports, ce phénomène est particulièrement important avec le développement exponentiel de startups comme ZipCar aux Etats Unis ou le français BlaBlaCar sans parler des acteurs aujourd’hui historiques du libre-service, JCDecaux avec les Velov ou Bolloré avec les Bluely pour parler de l’exemple Lyonnais.

maximehureNous avons pour cela rencontré Maxime Huré, Enseignant Chercheur à Sciences Po Lyon qui a consacré sa thèse de sciences politiques aux politiques du vélo en ville et qui est donc un spécialiste des mobilités partagées. Maxime Huré nous a rappelé l’histoire ancienne de ces dispositifs de mobilité partagée qui ont émergé à l’origine grâce à des initiatives privées. Il est revenu sur le profil des usagers de ces dispositifs de libre échange avant de s’interroger sur la durée dans le temps de ces dispositifs qui sont en fin de compte des vitrines pour les villes et les industries. Nous avons choisi de consacrer la première partie de notre émission aux dispositifs relevant de l’économie du partage dans le secteur du logement.

Pour répondre à nos questions, nous avons reçu sur le plateau de Radio Lab, Calixte de Procé qui est rédacteur-analyste chez Newstank et qui se spécialise dans les questions d’économie numérique. Il nous a d’abord rappelé l’histoire du couchsurfing, un site internet et un mouvement qui a été fondé avant tout dans une logique de partage et d’échanges culturels. Il a insisté sur la coexistence qui devait être durable entre d’une part le couchsurfing, une communauté basée sur la confiance et d’autre part AirBnb, un système qui à grands coups d’algorithmes tend à professionnaliser un dispositif ancien, les gites.

Jean Antoine

Par Jean-Antoine

 

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