Samedi dernier, en parallèle de la mobilisation des « Gilets jaunes », c’était la journée test pour le mouvement des étudiants étrangers opposés à l’initiative « Bienvenue en France ». Vox Berthelot l’a suivie pour vous.

Le 19 novembre dernier, Edouard Philippe annonçait le plan « Bienvenue en France » qui prévoie de rehausser les frais de scolarités pour les étudiants non-européens, les multipliant. La licence pourrait coûter 2 770€ et le master environ 3 770€. Pour le gouvernement, il s’agit de valoriser « l’excellence à la française » du système d’enseignement supérieur français aux yeux des pays étrangers. Mais beaucoup d’étudiants étrangers sont inquiets pour leurs droits. 

« La convergence des luttes est en train de se faire » (Samuel, étudiant).

À midi, rue de Chevreul, les couleurs du Congo Kinshasa, du Mexique, de la République Dominicaine ou encore de la Colombie étaient dépliées aux côtés de banderoles remplies de slogans. Tout le monde était sur le départ quand plusieurs dizaines de « Gilets jaunes » sont arrivés, sur l’impulsion de l’organisation « L’université en jaune » . Pour Samuel, étudiant qui portait un gilet jaune, « il faut lutter ensemble contre le gouvernement ». 

Devant le rectorat, des étudiants aux origines variées enchaînent les prises de parole. Ils déplorent l’absurdité des sommes annoncées par rapport aux salaires minimums de chacun de leurs pays ainsi que « la sélection sociale » cachée derrière cette mesure qui se revendique de « l’excellence ». Mais, déjà, des dissensions se font entendre du côté des « Gilets jaunes » : un jeune manifestant monte sur la grille du rectorat et appelle le reste des « Gilets jaunes » à rejoindre Bellecour où un rassemblement avait lieu au même moment.

« Au fond, nous voulons la même chose que les étudiants » (Monique, « Gilet jaune »).

Le contraste est net, ce jour-là, entre les étudiants très politisés et les « Gilets jaunes » revendiquant l’apolitisme de leur combat. Monique, une « Gilet jaune » venue en soutien, souhaite voir les étudiants abandonner leurs syndicats pour prendre part à un mouvement plus ample.

Le nombre des « Gilets jaunes » diminue au fur et à mesure de la manifestation. Il n’en reste qu’une quarantaine à la fin. Peu à peu en effet, les slogans évoluent nettement vers plus de politisation (anticapitalistes, antifascistes, etc…), ce qui ne trouve pas réellement d’écho pour les « Gilets jaunes » qui rejoignent leurs camarades à Bellecour. 

« On attendait plus de personnes, plus de soutien de la part des Français » (Anna, une des organisatrices de la mobilisation)

La séparation entre les deux mouvements achève de se réaliser sur les quais du Rhône, face à la préfecture, lorsque les « Gilets jaunes » rejoignent la place Bellecour tandis que les étudiants, notamment les étudiants étrangers, demeurent sur les quais, pour des questions légales. 

La prochaine étape annoncée par les organisations mobilisées consiste en une nouvelle mobilisation le 18 décembre. En attendant, la priorité, pour ces dernières, est de poursuivre l’information. En effet, Anna, l’une des organisatrices du mouvement, regrette la faible mobilisation de samedi. 

 

Elio PROPHETTE

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