« Management » et « création », deux termes à l’apparence contradictoire.

PARISLe « management » nous évoque une organisation, une structure rationnelle, logique, qui cherche la rentabilité ; la « création » nous fait penser à la liberté, la flexibilité, l’indépendance d’un artiste. Thomas Paris, chercheur au CNRS et professeur affilié à HEC nous l’explique bien dans son article « Organisation, processus et structure de la création » in Culture prospective n°5, en 2007 : « La création en tant qu’activité humaine est porteuse d’une connotation romantique et rattaché dans notre imaginaire à une notion d’auteur bien éloignée de celle d’organisation ».

Alors peut-on résoudre le paradoxe du « management de la création » ? Oui et non. Et c’est ce qu’on a tenté de comprendre aujourd’hui au radiolab avec Thomas Paris. « Le paradoxe se résout quand on regarde la manière dont fonctionne les entreprises qui créent : il y a un besoin de collectif et d’organisation à la création. »

Luca-BergamoFace à lui, Luca Bergamo : « La vraie question, c’est : comment mettre en place des organisations capables de tolérer le changement continu. » Luca Bergamo est devenu en 2004 directeur général du Forum Glocal, fondation internationale pour la coopération culturelle en collaboration avec l’ONU.

Depuis 2012, il est secrétaire général de Culture Action Europe qui cherche à mobiliser plusieurs milliers d’organisations culturelles européennes, aujourd’hui au nombre de 80 000, pour placer la culture au centre du débat européen. Cette action a d’abord vu le jour en 1992 sous le nom de EFAH (European Forum of Arts and Heritage), considérée comme une source d’expertise par l’union européenne et sa politique culturelle.

Quelle légitimité pour quel acteur de tenir un discours sur les politiques culturelles ? Qui est expert en management de création ?

P1050585Thomas Paris : « C’est quelqu’un qui comprend la création, qui accepte les caractéristiques fondamentales de la création : un individu qui exprime une subjectivité. Il n’y a pas de rationalité. » Luca Bergamo : « On a besoin de gens qui ont une notion de leadership qui n’est pas égocentrique. »

Finalement, c’est la question de l’identité culturelle d’un Etat que nous avons abordée. Entre l’héritage, le patrimoine d’une nation qu’un Etat protège voire réhabilite, et la priorité qu’il veut donner au développement de nouvelles créations, à l’innovation, où trouver l’équilibre ? Où se situe l’identité culturelle d’un Etat ? Thomas Paris : « Je pense que la question d’identité culturelle est assez dangereuse. Dès lors qu’on s’interroge un peu trop sur son identité, ça a tendance à figer les choses. »

julie

Par Julie Freudenreich

– Site internet Culture Action Europe : http://cultureactioneurope.org/

– Thomas Paris, Manager la créativité, 2010, Editions Pearson Collection Village Mondial

– Présentation du séminaire HEC de Thomas Paris, « Management de la création » : https://www.youtube.com/watch?t=14&v=faB4tCFDBx4

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